Rencontres Adolecteurs

L’année des adolecteurs s’est terminée en beauté encore une fois.  Après 6 rencontres d’après-midi durant l’année, à la bibliothèque municipale de Saint-Hyacinthe, rencontres où nos ados ont jasé de leurs lectures, et d’autres choses; après le vote qui a consacré Simon Boulerice gagnant 2019 du prix adolecteurs pour un roman québécois avec Le dernier qui sort éteint la lumière; après une année de lecture de 8 romans, 4 québécois et 4 étrangers; nous avons reçu une belle invitation à nous joindre aux élèves du collège Sainte-Marcelline (l’enseignante fondatrice des adolecteurs y enseigne) pour y rencontrer en personne l’auteur récipiendaire du prix.

Comble du bonheur, notre petit groupe d’école maison a pu passer 45 minutes en tête à tête avec Simon Boulerice. Ce fut très agréable. Il parle beaucoup, alors les jeunes ont posé peu de questions. Mais il a été généreux de détails croustillants et de stepettes tordantes. Les enfants ont adoré, ont remercié à répétition l’organisatrice et ont même reçu des romans donnés par les éditeurs. Il y en avait un par famille. Vraiment nous avons été choyés.

Pendant les rencontres des adolecteurs, les plus jeunes des familles, ceux qui ne sont pas encore ados, ont pu profiter d’un groupe de lecture à leur niveau (9-12 ans ou 4-8 ans)  Nouveaux de cette année, ces deux groupes ont été aussi appréciés.  J’ai déjà parlé de la sélection des plus jeunes dans un autre billet. La sélection des moyens, nommés Mollolecteurs, était celle-ci:

Celui qui a remporté notre prix maison Mollolecteurs est (roulements de tambour): La curieuse histoire d’un chat moribond. Je vous en conseille grandement la lecture, pour vous et pour vos enfants de 8 ans et plus. C’est facile à lire, hilarant et ça se poursuit avec un second tome.  Tout est réuni pour une super lecture!

Notre aventure se poursuit en 2019-2020, avec une toute nouvelle sélection adolecteurs, de nouvelles rencontres à la bibliothèque et les deux groupes plus jeunes de lecteurs en herbe.  Vous voulez vous joindre à nous?  C’est une rencontre par mois de septembre à avril (sauf décembre).  Faites-moi signe!

Mon fils, ce spécialiste

Vous arrive-t-il parfois de penser que vous avez failli face à votre enfant?

Elliot m’avait demandé, l’an dernier, de lui apprendre à lire. Nous avions commencé Enquête au village des sons. C’était assez ardu, donc nous n’en faisions pas trop souvent pour ne pas l’écoeurer, il avait 4 ans après tout. Avec le temps, nous sommes tout de même passés au livre deux avec un peu plus de facilité. Mais depuis le  milieu de l’hiver, complètement dépassée par tous les taxis familiaux à faire et les activités à préparer, j’avais délaissé le cahier.

Apprendre à lire à un enfant demande du temps. Ça demande de s’asseoir à ses côtés et d’être patient. Il est plus facile alors, lorsque nous sommes débordés, de donner du travail autonome aux plus vieux et de laisser jouer les plus jeunes. Et les jours ont passé, les semaines, puis les mois…

Mais lui n’avait pas oublié qu’il voulait apprendre à lire, et il s’est mis à essayer de lire plein de choses.  À écrire, aussi, de nombreux mots, titres, onomatopées, sur ses dessins. En observant le mot FIN écrit à la fin des films, il s’est mis à l’écrire à la fin de ses histoires. Il a réclamé qu’on lui épelle des mots, fréquemment.

Nous sommes revenus au cahier la semaine dernière. Il avait fait un bon de géant. Oui, sans avoir touché à ce cahier pendant des mois, son cerveau a mûri, a fait des liens. Et maintenant, il est meilleur, nettement meilleur. Par lui-même. Par sa détermination.  Il ne lit pas encore vraiment. Il lui manque de nombreux sons. Mais la mécanique est là. Il l’a saisie. Je crois que nous sommes sur la bonne voie. Non, IL est sur la bonne voie, car moi je l’ai un peu laissé tomber. Je m’en veux de ne pas avoir nourri plus son désir de lire.

Il a tellement hâte de dévorer les livres comme ses frères et soeur plus vieux. Il «lit» déjà beaucoup, de façon très attentive. J’ai hâte de le voir redécouvrir toutes ses lectures en les lisant vraiment cette fois-ci.

Je me sens coupable de l’avoir abandonné. Moi qui ai toujours voulu une grosse famille, je trouve difficile finalement de donner sa juste part d’attention à chacun. Les roulements de la maison et de l’école maison sont tellement prenants… Il ne gardera pas de séquelles de cet «abandon», je le sais. Il se développera très bien et sa lecture aussi. Mais quand même…

Elliot est un spécialiste des mots. Au baseball de son frère l’autre soir, il a commencé un jeu. Il s’est installé à 40 pieds de moi, il voulait écrire un mot. Il est venu me voir en courant. «Maman, tu vas me dire les lettres d’un mot et je vais les écrire dans le sable là-bas.» «D’accord» (on ne peut pas être contre ça, n’est-ce pas? 😉 ) Il se mit à réfléchir à son mot. Je m’attendais à un mot d’un garçon de 5 ans: maison, chien, ou même baseball aurait été thématique. Non, il a voulu écrire SPÉCIALISTE. Allez donc savoir pourquoi, il ne le savait pas lui-même, mais c’était le mot qu’l voulait écrire. (D’ailleurs Elliot utilise souvent des mots complexes, mais toujours dans les bons contextes.) Je lui ai donc épelé le mot, et à chaque lettre, il partait à courir, écrivait la lettre et revenait me voir pour la suivante. Après avoir terminé son mot, il a ajouté Elliot au-dessus (il faisait trop noir pour la photo).

Il était Elliot, le spécialiste. ❤

 

 

 

Borealis, musée de l’industrie papetière

À la mi-juin, nous sommes montés à Trois-Rivières pour visiter le musée Boréalis. Nous étions déjà allés, il y a plus de 10 ans. L’endroit a bien changé. C’est rendu un vrai grand musée dont l’imagination pour les activités éducatives est assez intéressante.

Installé dans l’ancienne usine de filtration d’eau d’une papetière, l’endroit est bien exploité. On retrouve des tuyaux, des machines, du ciment, un peu partout. Les activités nous font nous promener à travers tout ça, ce qui rend l’expérience plus vraie.

 

J’ai suivi le groupe des plus jeunes avec Jessie et Elliot. Bien que les activités étaient pour les 4-7 ans, Jessie (21 mois) a réussi à tenir le pas… sans trop déranger.

Elle a bien aimé le spectacle de marionnettes de l’histoire de la guêpe à papier qui perd son nid quand l’arbre dans lequel son nid était accroché est scié puis envoyé en pitoune vers l’usine. La guêpe suit tout le trajet de l’arbre jusqu’à la sortie de l’usine où elle se reconstruira un nouveau nid. Après le modeste spectacle, les enfants ont confectionné leur propre guêpe.

Chasse au trésor (morceaux de casse-tête) avec une partie dans le noir, expérimentation de l’équilibre des draveurs et du maniement de la scie (‘xcusez, du godendard) des bûcherons, histoire du bûcheron-conteur, fabrication de papier, marche sur une passerelle trouée au-dessus de l’eau… Les enfants ont eu bien du plaisir.

Je me suis procuré l’histoire de la guêpe en cahier à colorier. Elliot était bien heureux de revivre cette belle aventure.

P.S. la seule déception était le décor du conteur. Il y a 10 ans, il y avait un décor de camp de bûcheron réaliste pour se faire conter l’histoire. Là, il n’y avait qu’un faux poêle à bois et un p’tit banc. Disons que pour un spectacle d’une quarantaine de minutes, l’autre décor offrait plus à observer et nous mettait plus dans l’ambiance.

Une tuque de laine

Lili a fabriqué sa première tuque en tricot.

Je dois avouer que je ne l’avais pas vraiment crue lorsqu’elle m’a annoncé qu’elle se faisait une tuque. Lili a beaucoup de projets, toujours à découvrir, chercher, fabriquer, construire… Lili se tanne rapidement des choses qui traînent en longueur. Elle est toujours dans son prochain projet à peine le premier commencé… Sa tuque avançait tranquillement, Lili se plaignait que c’était long. Puis un matin, elle l’a cousue et c’était fait. Sa tuque était bel et bien formée.

Il manque un petit détail à arranger pour couvrir un « trou », ratage de quelques mailles, mais l’idée est déjà trouvée, reste à le faire.

Je suis pas mal fière, je n’aurais pas pu mener un tel projet à terme. Elle m’impressionne!  Son frère est toujours prêt à jouer à l’essayeur officiel.

Un sentiment étrange

Nous avons eu une belle sortie à Québec samedi. Nous sommes partis avant le diner pour aller au musée de la civilisation de Québec, où il y avait une journée spéciale Histoire naturelle.

Des kiosques animaliers, maquillages et déguisements nous attendaient. Les expositions Curiosité du monde naturel (du musée d’histoire naturelle de Londres) et Venenum, le monde empoisonné nous ont séduits. Elliot était attentif, il gobait toutes les informations comme une éponge. Il montrait qu’il avait déjà de grandes connaissances auxquelles il rattachaient les nouvelles apprises. Lili était intéressée et dynamique. Jessie nous a donné un peu de fil à retordre. Elle était fatiguée, n’ayant pas dormi de toutes les deux heures et quelques poussières de route. Mais hop, elle a accepté le porte-bébé filet et est tombée endormie. Je n’ai jamais autant eu la possibilité de lire les informations que cette fois-ci.

Il restait quinze minutes après les expositions, nous sommes entrés dans l’exposition permanente Observer , l’expo qui déroute! Une recherche de clés originale, des photos truquées amusantes, des objets bizarres, nous avons adoré sans avoir le temps de la finir. Les lumières se sont allumées éclairant la pièce à faire dans le noir et dévoilant ainsi la clé, mais nous y retournerons.  Gratuitement en plus. Car en cette journée spéciale de la famille, la carte d’abonné annuel (famille 2 adultes et autant d’enfants que notre famille compte) était en spécial à 50$. Donc pour 6$ de plus que pour nos billets d’une journée, nous avons eu une passe annuelle qui nous permettra de petites escapades à Québec pendant l’année.

Au retour, arrêt aux dinosaures de la sortie 202, pour manger. Malheureusement la pluie forte nous a empêchés de dire bonjour aux dinos. Ce sera partie remise aussi.

Mais pourquoi Sentiment étrange comme titre?  Parce que cette sortie s’est faite amputée des trois plus vieux qui Lucie voulait se reposer, Mathis et Yann travaillaient. Difficile alors de profiter pleinement de la sortie. J’ai juste envie d’y retourner très bientôt pour montrer aux garçons ces expositions qu’ils apprécieront autant que nous, j’en suis sûre. Je sais que ce sera de plus en plus ainsi. Les enfants grandissent et ne suivront plus… Mais moi je trouve ça dur que ma vie change. J’aimais beaucoup notre vie en vase clos d’école maison, notre vie familiale protégée. Il ne reste qu’un an d’école maison pour les deux gars. Oui un sentiment bien étrange!

P.S. Mais au moins personne ne nous a appelé grands-parents, c’est toujours ben ça de pris!

Sélection Minilecteurs 2018-2019

Voici les livres qui ont été lus et les activités reliées à ces livres pour le groupe des Minilecteurs (4-8 ans). À notre dernière rencontre, je leur ai fourni une feuille d’appréciation où ils devaient numéroter les albums en ordre de préférence de 1 à 9. J’avais aussi rassemblé sur une table tous les albums pour leur permettre de les feuilleter de nouveau afin de prendre leur décision.

 

La première lecture fut Le secret. Un livre intéressant à faire en début d’année autant pour le temps des pommes que pour établir une ambiance de confiance dans le groupe. Un secret partagé est toujours préférable à un coeur tourmenté.

  Deux albums pour la période de l’Halloween. Raconte-moi une histoire qui fait peur est à raconter avec effets sonores. La voix du petit personnage est écrite en mauve, le reste du texte en noir. La fin est une surprise.  Ça n’existe pas est un album plus interactif où il faut chercher les petits fantômes cachés à chaque double page. Ensuite nous avons caché et cherché des fantômes de papier. Une belle activité à faire en bibliothèque pour découvrir comment celle-ci fonctionne (découvrir le fantôme des documentaires, celui des romans jeunesse, celui des BD…).

 

Attends! Je veux te raconter une histoire! est un album avec des phrases répétitives et une fin surprise. Il est intéressant de le lire lentement, de faire participer les enfants à la répétition des phrases et à l’anticipation de la suite. Nous avons préparé des petites marionnettes de carton avec les différents animaux du livre pour pouvoir redire l’histoire après la lecture. Animaux à colorier et découper Ils peuvent aussi les dessiner eux-mêmes bien sûr.

 

Bon anniversaire Boa! permet de développer le sens de l’empathie en montrant aux enfants comment faire attention d’offrir un cadeau qui plaira à celui qui reçoit plutôt que d’offrir ce que nous nous aimerions recevoir. De plus, les cadeaux sont enveloppés, alors on peut jouer à deviner ce qui se trouve à l’intérieur des cadeaux dans le livre. Les enfants avaient apporté chacun un objet enveloppé et devaient le faire deviner aux autres enfants du groupe. Plusieurs situations d’écriture me viennent à l’esprit:

  • Écrire des indices pour faire deviner le cadeau (texte descriptif);
  • Écrire au contraire des questions à poser pour deviner le cadeau (phrase interrogative);
  • Décrire le cadeau idéal à donner à tel ou tel personnage, qu’on peut piger au hasard parmi des cartes personnages ou que l’enfant choisit lui-même;
  • Écrire un poème avec formule répétitive de ce que l’on donnerait à différents animaux (exemple pour illustrer, svp soyez indulgents, mon talent n’est pas celui des enfants)
    • Je donnerais au béluga
    • Des crayons de couleurs
    • Pour décorer sa blanche peau
    • J’offrirais au perroquet ara
    • Une cacahuète à l’heure
    • Pour ne pas qu’il devienne gros
    • J’apporterais au koala
    • un bouquet de fleurs
    • et un vase avec de l’eau.

Le chien, le chat et la souris est un livre d’anticipation. Il me fait penser à la vie entre frères et soeurs dans une famille. Les trois animaux ont fait un pacte, et le chien, incapable de résister, brise ce pacte. C’est un peu violent à la façon des cartoons américains mais très drôle. Les enfants ont adoré cette histoire.

Petit renard raconte la promenade du personnage illustrée en feuilles d’arbres. Très simple avec une seule phrase par page. J’aurais voulu faire un collage de feuilles d’automne comme activité, mais c’était impossible en bibliothèque, trop friables. Le mot qui arrêta la guerre est un beau livre pour lancer une discussion sur la nécessité des conflits armés dans le monde et l’impact qu’une seule personne peut faire. Les enfants ont tenté de trouver quel mot cela pouvait être, ils lançaient des idées et les autres argumentaient en faveur ou non de ces mots. Je crois que les enfants de 4 à 8 ans étaient trop jeunes pour cet album qui a été le moins aimé de tous .

Plus gro que le ventre a été bien apprécié, comme on peut s’attendre d’un livre de Michaël Escoffier. Il se tisse une interaction entre les enfants et le lecteur.  Il y a beaucoup d’humour dans les détails du livre, il est donc amusant d’observer longuement chaque double page et de commenter. Nous avons fait un petit projet de créer notre propre livre, où le monstre mange trois choses et lorsque le tout ressort tout est mêlé. On peut voir, sur la première photo, les pages couvertures des livrets fabriqués par deux enfants (10 et 5 ans) et la page finale du livre de la plus vieille où le monstre a mangé un livre avec des mots et que le tout ressort avec des syllabes mélangées. C’était un projet rapide fait en moins d’une heure. Mais je crois qu’avoir un peu plus de temps, le résultat pourrait être encore plus fignolé. Il serait possible aussi de fournir un canevas.

Exemples de manipulation en maths (1er cycle)

Au primaire, il est important que les enfants manipulent du matériel pour bien s’approprier les notions mathématiques. C’est pourquoi mon matériel de manipulation n’est jamais bien loin et les enfants savent qu’ils peuvent y avoir accès à tout moment; on prend toujours le temps de le sortir.

On peut voir Elliot, 5 ans, travailler ses additions-soustractions de première année avec des jetons de poker. Je préfère ces jetons-là aux plus petits, car on ne passe pas une demie-heure à essayer de les ramasser sur la table. Ils sont plus épais et de plus gros diamètre, ce qui facilite la manipulation plus rapide.

Mais quand la fête de Pâques approche, quel bonheur de troquer les habituels jetons pour les carottes de M. Lapin! On fait les mêmes exercices de routine et pourtant on se croit ailleurs. «M. Lapin a cueilli 6 carottes dans son champ, il en croque trois sur le chemin du retour, combien lui en reste-t-il pour son ragoût du dimanche?» La motivation est renouvelée, les maths c’est amusant!

 

Un tableau à double entrée est parfois un peu complexe à comprendre. Lorsqu’il faut remplir la table d’addition, on fait voyager les dés. On pose un dé sur le nombre de la rangée et un dé sur le nombre de la colonne et on les fait voyager en ligne droite jusqu’à leur rencontre sur la case où on doit écrire la réponse à l’addition.  Bon, il arrive parfois que les dés fassent de grosses collisions et que ça revole un peu… mais les maths ça demeure amusant, non ?

P.S. je sais que certains de ses chiffres sont à l’envers. On efface souvent pour les refaire à l’endroit, mais parfois on continue sans en faire de cas. Il a 5 ans. On a amplement de temps devant nous.  il faut que ça demeure amusant 😉