Une paire de souliers de course

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Savez-vous ce qui indique le plus qu’un de mes enfants entre à l’école? L’achat pressé ce soir, la veille de la rentrée, de cette fameuse paire de souliers de course pour le cours d’éducation physique.

Lucie-Maud a réussi à terminer tous les cours aux adultes nécessaires pour entrer au cégep. Elle est entrée en Tremplin DEC qui lui permet d’être aux études à temps plein avec 4 cours au cégep et finir ses unités manquantes du secondaire en même temps.

Avec le délai de trois mois, en septembre 2016, pour l’obtention de son code permanent et le fait qu’elle avait l’entièrereté de ses 54 unités à cumuler pour son diplôme, le laps de temps d’un an et demi est raisonnable. Elle entre donc au cégep une session plus tard et avec encore six unités du secondaire à cumuler.

Ses enseignants aux adultes ont été bien aidants pour corriger les derniers examens à temps pour obtenir son attestation. Lucie a travaillé très fort pendant les derniers mois pour y arriver. Et la vie ne l’a pas aidée: arrivée d’une nouvelle petite soeur, décès de son grand-père, problèmes de santé nécessitant une chirurgie,… Elle n’a pas lâché et a réussi.

Studieuse, persévérante, mais aussi extrêmement anxieuse, l’aventure fut tumultueuse, mais remplie de bons résultats.  De plus, au lieu de cours de remplissage inutiles, elle, et j’appuie sur ELLE, a préféré choisir des cours de maths de 5e secondaire pour les unités manquantes. Il faut dire qu’avec ses 100% pour 3 cours de maths de 4e secondaire sur 4, les maths de 5e secondaire devenaient accessibles.

Elle vise le DEC en Arts, Lettres et Communication. Cela lui permet d’explorer les différents arts en général, plutôt que d’en choisir un maintenant. Ce DEC se donne près de chez nous ce qui facilitera le voyagement. Ma fille refuse de passer son permis de conduire. Ça, ça reste un soupir pour moi, car du fond de ma campagne sans transport en commun, je devrai aller la reconduire et la chercher tous les jours, trainant les autres enfants chaque fois.

Lucie-Maud n’a jamais mis les pieds dans une école. Elle a été inscrite aux examens seulement pour l’obtention de toutes ses unités du secondaire. Elle a donc mis les pieds quelques heures par-ci par-là lors de la passation d’examens mais jamais pour y suivre un cours.  Demain est donc la grande rentrée. Le fait de n’avoir qu’une petite session de quatre cours est un plus intéressant pour cette transition majeure. Le temps d’apprivoiser sa nouvelle vie, de gérer son anxiété, de compléter ses unités, elle commencera en Arts, Lettres et Communication en septembre, forte d’une première session qui aura brisé la glace.

Je l’ai menée à l’âge adulte (elle a eu 18 ans au début janvier) et au bout sa scolarité obligatoire. Maintenant je me recule doucement et je la regarde prendre son envol. Va, Lucie, la vie t’attend et tu as tout ce qu’il faut pour l’embrasser. Tu es merveilleuse!

Le cycle de la vie, le cycle de l’inquiétude

Apprendre à être parent est une avenue cahoteuse et exigeante. Il n’y a pas de mode d’emploi, même si de nombreux auteurs ont voulu nous faire croire le contraire. Nous apprenons donc au jour le jour, à travers bons coups et échecs. Un nouvel enfant, et c’est souvent tout à recommencer; les méthodes qui fonctionnaient avec le premier ne donnant rien de bon avec le second.

Voilà la game que nous acceptons de jouer lorsque nous devenons parents. Je m’y attendais, et même si parfois la game semble trop difficile et que le désir de tout laisser tomber pour un temps est présent, on se relève les manches et on continue, parce que c’est ça la game, tout simplement. On choisit d’avoir des enfants, on doit donc choisir à répétition de continuer sans baisser les bras pour la vie entière.

Mais il y a une chose dont je ne soupçonnais pas l’ampleur. Une chose, qui se multiplie avec les années et avec le nombre d’enfants: l’inquiétude.

Je savais que l’on s’inquiète pour nos enfants, mais pas que ça pouvait devenir presqu’une obsession.

J’ai toujours affirmé que la venue d’un enfant tenait purement et simplement du miracle de la vie. Des simples petites cellules qui se forment par méïose chez l’homme et chez la femme, qui se rencontrent, qui se développent et qui débarquent dans la vie, à l’enfant qui grandit et qui devient un adulte qui a une vie complexe à son tour, les raisons de s’inquiéter se multiplient à une une vitesse folle.  Tellement de choses peuvent déraper.

On tente de tomber enceinte, on pleure le retour des menstruations. On tombe enceinte, on a peur à une fausse-couche. À l’échographie, on craint une malformation. À l’accouchement, les scénarios d’horreur pleuvent. Ensuite on a un beau bébé, dit mené à terme.  Mené à terme… on devrait être pleinement heureux, on a réussi, c’est terminé et on a réussi…

Mais non, là commencent les inquiétudes pour le syndrome de mort subite et les fièvres, puis après les premiers pas, les blessures se pointent de plus en plus nombreuses. Mais si ce n’était que ça, on vivrait bien. Mais il y a toutes les histoires sur les réseaux sociaux qui racontent des cancers, maladies rares, maladies génétiques, ces maladies qui touchent les enfants, et ces enfants qui en meurent… Puis il y a le téléjournal qui apportent les mauvaises nouvelles d’accidents routiers ou d’incendies, et ces enfants qui en meurent…Et si c’était le mien?

Quand finalement les enfants deviennent des adultes, à 18 ans, on peut souffler, on a réussi. Ils sont maintenant responsables de leur bonheur.  Mais diable on s’inquiète encore. Vont-ils être acceptés au CEGEP? Est-ce que ce copain est une bonne influence? Je vois ma fille travailler si fort pour finir à temps pour entrer au CEGEP en janvier et possiblement ne pas réussir et mon ventre se tord. C’est pourtant rendu SA vie, et elle qui la gère.

Ne vous inquiétez pas, je ne suis pas devenue parano au point de ne plus sortir de chez moi et d’empêcher mes enfants de vivre. Mais parfois ça m’empêche de dormir, les scénarios se bousculent dans ma tête.  Je me prépare à des événements, je ferais ça, et ça, je corrige le tir, pense à une autre façon plus efficace, de parer aux coups durs de la vie. Comment peut-on continuer à vivre lorsque le pire arrive?

 

Et nos enfants nous donneront des enfants qui multiplieront le taux d’inquiétude…

 

Complètement dépassée par la correction

Avec deux enfants au secondaire à la maison et une au primaire à la maison (avec aussi le temps que prennent l’énergie d’un préscolaire, les boires d’un poupon et les questions de celle en fin de secondaire), la correction est arrivée, j’ai bien peur, à un point de non retour: je n’arriverai JAMAIS à tout corriger…

Les gars font leur histoire en même temps, c’est la matière dans laquelle on a le moins de retard. Avec un peu plus d’assiduité, je dirais même qu’on est correct.

L’anglais pour Mathis est à jour parce qu’il doit suivre le rythme du groupe auquel il participe. Mais Yann avance dans ses cahiers sans que RIEN ne soit corrigé… J’ai donc trois mois d’études de textes, de rédaction de textes et d’exercices de grammaire à corriger.

En français, par manque de temps, Yann ne fait que du remplissage de cahiers. Ses travaux ne sont pas signifiants. Dans ses textes, il y a toujours autant de fautes malgré les nombreuses pages de grammaire noircies. De plus, il n’arrive pas à appliquer la théorie de rédaction aux types de textes qu’il écrit. Cette matière est tellement pénible à corriger avec lui, elle demande tellement de patience et de temps. Je repousse toujours le moment de passer à l’action. Mathis est en retard lui-même dans cette matière donc pas vraiment de correction en retard, mais est-ce mieux ??

En science, comme Mathis est deux ans en avance, je ne suis pas stressée de son cheminement. Je n’ai donc corrigé que les quelques premières pages de son cahier. Mais il est moins attentif et appliqué dans son travail qu’il l’était avant, il comprend un peu moins bien la matière car il doit nouvellement avancer seul contrairement à avant où on faisait les sciences tous ensemble. Ici on a du chemin à faire. La correction pour Yann est 3 mois en retard.

Enfin en maths, Mathis traiiiiiiiiinnnnnnnneeeeeeeee ça en longueur. Il ne veut pas finir son cahier de 2e secondaire pour faire celui de 3e. Il a peur de ne pas réussir, il souffre beaucoup de démotivation et d’anxiété de performance ces temps-ci. Il est pourtant doué, mais on dirait qu’il ne comprend plus rapidement la matière, que son cerveau est en mode « bouillie pour chats ». Oh ai-je précisé que les hormones viennent de lui rentrer dedans? Et ça fesse FORT!  Yann, de son côté, avait grandement besoin de corrections pour continuer sa première secondaire en maths. C’est maintenant chose faite! Vive les journées relaxes qui suivent le temps des fêtes.

La correction des travaux de Lili, au 2e cycle du primaire, se fait au fur et à mesure. Pourquoi ce n’est pas ainsi pour les plus vieux? Par manque de temps, j’imagine. Je n’ai qu’un cours de retard dans la correction des exercices de Lili, en maths et en français. L’anglais suit le rythme des activités de son groupe. Les sciences et l’univers social se font avec une autre famille. Aucune correction nécessaire.

Cette semaine, il y aura de l’école chez nous. De la correction, de la correction et encore de la correction. En espérant que ce sera PRESQUE suffisant pour reprendre UN PEU de contrôle sur la situation.

La vie, même en école maison, n’est pas toujours rose et facile. Certaines périodes sont plus essouflantes que d’autres. Mais c’est un rythme qui nous permet de VIVRE les événements de la vie pleinement. Et ça c’est un apprentissage bien plus important, selon moi, que les quelques pages de grammaire qui ne seront pas corrigées…

…mais… il demeure une part d’anxiété non gérée chez moi à cause de la correction…

 

Cadeau du Père Noël

Chez nous, le Père Noël débarque toujours pour remplir les bas de babioles personnalisées au goût des enfants. Il offre aussi un cadeau familial dont tous les enfants, petits et grands, vont profiter. Cette année, il nous a laissé des billets pour visiter le Zoo de Granby l’hiver. Mais le coquin a caché les billets dans une boîte de fausses boules de neige.  La bataille fut mémorable. Des rires résonnaient très fort dans le salon. Comme les enfants n’avaient pas vraiment de cadeaux de notre part à développer (car ils ont demandé une passe estivale de La Ronde), cela a agréablement occupé notre 25 au matin avant que l’on passe à table dévorer la traditionnelle fondue au chocolat.

La suppléante

Maman a besoin d’un peu de temps les mains libres. Lili est bien heureuse de se proposer. Comme Jessie ne se tourne pas encore (lorsque la photo a été prise il y a déjà plusieurs semaines), Lili peut travailler à ses côtés le temps que maman effectue ses tâches urgentes. Entre deux numéros de français, elle peut faire quelques risettes à sa soeur. Elles ont l’air bien, non?

Le jardin de sable

On revient souvent à occuper un préscolaire pendant les heures d’école. Jouer dans le sable est une bonne façon de le faire. De minuscules tamis, de petits animaux, un faux cactus, des bambous, des roches, des coquillages, des bols miniatures et du sable fin. Ce sont les ingrédients de plusieurs minutes de plaisir pour lui et de quiétude pour moi.  J’admets cependant qu’après, il faille passer le balai. Mais cela vaut la peine.

Là où le vide a commencé

Mes 4 derniers articles datent du 25 octobre. J’avais publié 4 articles le même jour question de reprendre un peu le retard parce que j’étais trop occupée par bébé. Mais ce fut mes 4 derniers articles de l’automne. Ce soir-là, nous avons reçu un téléphone difficile, mon père venait de décéder.

Gérer les émotions reliées à une naissance et à une mort en même temps bouleverse le quotidien.  Et quand ça brasse en dedans, ça épuise. Surtout lorsque le sommeil est coupé par les réveils de la petite.

De plus, je ne sais plus si j’en avais parlé, mais mon mari s’est cassé le pied 2 semaines après la naissance de crevette. Il est resté 6 semaines à ne pas pouvoir mettre de poids sur son pied après son opération où on lui a posé 4 vis. Un repos d’un mois après la césarienne? Je n’ai pas connu ça. Ça a été remplacé par le double du travail. Une fois le délai de 6 semaines dépassé, tranquillement mon mari a pu regagner de la mobilité, avec l’aide de 2 rendez-vous par semaine chez le physiothérapeute. Demain, il se fait retirer les vis.

Le soir du salon funéraire pour mon papa, nous avons eu un accident avec notre gros Sprinter. Nous avons roulé sur un gros objet de métal échappé du camion de marchandises qui nous précédait. C’était le premier soir de l’année où le froid a décidé de sévir. 4 heures dans le camion à -15, camion au diesel qui ne développe pas de chaleur, 4 heures donc à attendre pour la BONNE dépanneuse (mon camion a un toit surélevé et est allongé) L’assurance n’a pas voulu réparer pour qu’il puisse rouler. Nous avons donc dû acheter un nouveau camion. Dépense non prévue.

Mais nous avons réussi à fêter Noël en même temps que tout le monde, le coeur gros car le 25 décembre, cela faisait deux mois pile que papa était parti et que son absence était tellement palpable. La vie continue, le cycle de la vie aussi. Ma petite Jessie a maintenant 3½ mois. Et notre nouveau camion a eu son nom: OLAF (vous l’aurez deviné, il est blanc! Je lui cherche d’ailleurs une carotte 😉 )

De petites inquiétudes, de petits événements se sont aussi ajoutés à tout ce brouhaha. J’espère que 2018 saura apporter du baume sur nos blessures et des conclusions rapides et heureuses à ces inquiétudes.

Je vous souhaite à tous que 2018 remplisse votre vie de petites et de grandes joies. Je vous remercie d’être là à me lire et à me soutenir.

Le prénom de son grand-père en héritage, Jessie-Anne Claude l’aura au moins rencontré à quelques reprises en 6 semaines.