Ramasseuse de bouchons

Mon chum n’est plus capable d’en voir! Je ramasse les bouchons depuis un bon bout de temps maintenant et j’en ai toute une collection! Pourquoi? Je ne sais pas encore ce à quoi ils serviront tous. Mais lorsqu’un projet se présentera, je serai prête.

Pour l’instant, j’ai des bouchons numérotés pour pratiquer les nombres de 1 à 100, j’ai des bouchons qui servent de citrouilles à mettre dans un camion, j’ai des bouchons balles de neige, des bouchons papillons qui se posent sur des fleurs… Plusieurs utilités pour les préscolaires en travail.

Lili m’a demandé de jouer avec les chaudières de bouchons l’autre jour. En plaçantles bouchons côte-à-côte (vert forêt), elle s’est rendu compte que 16 était un nombre carré.

Puis elle a fait une pyramide des nombres carrés.

Elle a exploré ainsi des notions mathématiques abordées dans son cahier. Elle a fait ça pendant ses temps libres, sans demande de ma part.

Mon chum ne peut plus rien dire maintenant: les bouchons sont un matériel de manipulation essentiel aux mathématiques hahaha!

Et moi qui, dans mes premières années d’école maison, a dépensé des fortunes en matériel de manipulation officiel 😉

Prévoir?

On lit beaucoup de messages présentement qui montrent que les parents qui se lancent dans l’aventure sont stressés, ne savent pas trop comment commencer, comment organiser leur année, comment planifier. Je crois que si je n’avais qu’un seul message à vous faire, je vous dirais que l’essence même de l’école maison est de permettre une adaptation à toute épreuve.

En février, je commençais ma 16e année d’école maison. Si vous m’aviez demandé à ce moment-là de quoi aurait l’air ma rentrée de septembre, je vous aurais répondu qu’elle serait calme avec ma fille qui finit son DES aux adultes et dont je n’ai plus besoin de vraiment m’occuper (école maison parlant bien sûr), mes deux fils en mi-secondaire, ma 2e fille en 4e année et mon petit à occuper. Point.

Puis à la fin de ce même mois de février, une première bascule arrivait. Une petite crevette surprise s’ajouterait à notre famille au début septembre. Événement inattendu, impossible, déstabilisant, transformant l’avenir des prochaines années qui commençait à se dessiner dans notre quotidien. Un bébé est TOUJOURS un cadeau inestimable de la vie. Mais, je vous le répète, à 44 ans, cela laisse des traces importantes. Mon printemps fut ralenti par une grande fatigue reliée à la grossesse. Plusieurs activités de groupe ont été annulées, et même l’école régulière de mes enfants a été moins efficace que d’habitude. Résultat: nous avons pris un retard sur l’année, et les gars ont dû faire un peu de maths cet été. Au secondaire, il est plus difficile de faire fi de cette progression.

Alors que l’été battait son plein, je faisais ma planification de l’année. Chaque matière pour chaque enfant, les activités de groupe qui commenceront plus tard mais qu’il faut prévoir tout de même. L’accouchement étant prévu pour le début septembre, j’ai pensé commencer l’année deux semaines plus tôt en août pour prendre de l’avance, établir une routine, se «remettre dedans» avant l’arrivée de crevette. Maman était réservée pour prendre soin des enfants pendant mon séjour de quelques jours à l’hôpital pour l’accouchement. Ce n’était pas la première fois que ma rentrée scolaire s’annonçait avec un accouchement: il y a 4 ans, Elliot naissait pratiquement à la même date. Alors on s’organisait tranquillement à revivre ça mais de façon toujours assez calme.

Puis mi-août arriva et Papa se mit à aller moins bien. Atteint du cancer, nous vivions en sursis agréablement accueilli depuis 3 ans et demi. Maman ne pourrait pas venir passer ces jours à la maison lors de l’accouchement, elle devrait s’occuper de papa. Puis il est entré d’urgence à l’hôpital lundi dernier. Deuxième bascule: visites à l’hôpital, gestion des émotions et réorganisation de la rentrée bousculaient notre début d’année.

La beauté de l’école maison est de pouvoir vivre ces moments importants à fond. La vie ne passe qu’une fois et il faut la savourer pleinement. Les enfants passent dans notre vie à une vitesse folle. Tout peut se réorganiser autour de la vie et de ses surprises. Rarement une contrainte ne nous empêchera de prendre le temps de vivre un moment important.

Nous avons commencé notre école maison lundi. Nous y avons mélangé rv de suivi de fin de grossesse et visite à Papa à l’hôpital. Et notre semaine s’est déroulée un peu cahoteuse mais atteignant tout de même les objectifs fixés. Nous avons pu gérer au quotidien les émotions débordantes. Nous avons pu donner une dernière touche à la nouvelle chambre de ma fille au sous-sol, permettant le déménagement en fin de semaine. Nous avons pu naviguer dans nos nouveaux cahiers et nos nouveaux apprentissages malgré ma planification encore un peu incomplète.

D’ici deux, gros max trois semaines, crevette se montrera le bout du nez. Cela nous obligera à arrêter complètement l’école pour juste vivre et se reprendre en mains. Et nous le ferons tout en prenant aussi du temps pour profiter de Grand-Papa le plus possible. Que serait notre vie sans ces moments importants? Que resterait-il de notre quotidien sans le temps consacré à gérer ces moments charnières? Une suite monotone d’autobus scolaire,  de journées trop vite passées et de vie oubliée.

Il est normal, parfaitement normal d’être stressée la première année de l’aventure de l’école maison. Sortir de l’institution pour entrer dans la vraie vie est une épreuve pour le parent moyen habitué de régler son quotidien sur un cadre bien défini. Mais lorsque vous constaterez que l’école maison s’adapte à TOUT ce que vous pourrez vivre, vous vous sentirez mieux et capable de faire face à n’importe quoi. On peut essayer de tout prévoir pour l’année scolaire et les années à venir; mais la vie est coquine, elle aime venir glisser de l’impromptu dans cette soupe. Cela ajoute du piquant qu’il est possible de digérer que si on peut en prendre le temps.

Je ne crois pas que mon choix de vie soit supérieur à celui des autres familles, que l’école maison soit une route mieux bâtie que l’école régulière. Je crois que l’on arrive au bout de notre chemin avec notre bagage constuit au gré des événements rencontrés, des décisions prises. Mais je crois qu’un avantage de l’école maison est de permettre de tout prévoir puis de tout REprévoir quand la première prédiction s’est plantée. Cette adaptation sans limite a été très importante dans ma vie cicatrisée.

Et je crois que ce que vous pouvez prévoir sans aucun doute en suivant l’aventure de l’école maison est de pouvoir toujours prendre le temps de vivre la vie telle qu’elle est, sans se presser de mettre certaines choses derrière pour suivre un rythme effréné. Chaque moment prend alors tout son sens.

Bonne rentrée!

Éthique et culture religieuse à la maison

Je me fais souvent poser la question: Que fais-tu pour l’éthique et culture religieuse? Officiellement, je n’en fais pas. Mais dans la réalité, nous en faisons tous les jours.

Nous prenons tous nos repas en famille. De nombreuses discussions émergent de ces repas communs. Les enfants ont toujours des questions, qui vont de fil en aiguille couvrir un terrain bien plus large que la question de départ. Et les enfants ont chacun leurs questions, à leur mesure (de 3 à 17 ans), selon leurs intérêts (animaux, histoire, science, arts, sports…). Et oui il y a des sujets d’éthique dans tous ces domaines.

L’actualité s’écoute à la radio en auto en route pour les activités. Pistes pour de nombreuses discussions encore une fois. J’en ai un qui ne parle pas beaucoup, mais je sais qu’il écoute. Et quand il veut intervenir, il le fait. J’en ai d’autres qui parlent beaucoup mais qui n’écoutent pas suffisamment. Ça aussi ce sont des apprentissages importants à faire.

La vie apporte son lot de situations heureuses, malheureuses, fâchantes, révoltantes, attendrissantes… Aucun sujet n’est tabou, aucune route n’est pas à suivre. Parfois on pleure, souvent on rit. Et je sais que d’écouter mes enfants s’exprimer est le meilleur moyen de leur montrer qu’ils ont droit à la parole et à leur opinion.

Il se peut aussi que j’oriente certaines lectures vers des sujets dont j’aimerais discuter. Les lectures obligatoires, choisies en fonction des thèmes abordés, sont rarement innocentes. Souvent aucun travail n’est nécessaire après lecture, juste la réflexion sur la vie que la lecture apporte est suffisante. Puis quelques temps plus tard, on entend ressortir une question, une réflexion, un commentaire, une prise de position dans une discussion et on sait alors que la lecture a porté et a laissé des traces dans leur intérieur d’apprenant.

Parfois je crée des activités de groupe à partir de la littérature jeunesse. Cela permet d’ouvrir encore plus les horizons, prenant conscience que les autres familles peuvent penser différemment. Les perspectives deviennent alors très riches pour la suite des discussions en famille. Et cela permet aussi d’aborder des sujets qui ne seraient pas nécessairement venus naturellement.

Il est possible de faire des cahiers, d’utiliser des manuels. Certaines maisons d’édition ont mis sur le marché de beaux trésors scolaires pour traiter de différents sujets. Ces cahiers ont des discussions de classe et des projets de grande envergure dans leurs pages, parce que cette matière ne s’enseigne pas. Elle se découvre. Mais reste que ces cahiers, aussi bien réfléchis soient-ils, créent un carcan restreignant les voies possibles d’exploration.

C’est en observant autour de nous, en confrontant nos opinions, en s’informant aux bonnes sources (les enseignants sont-ils objectifs et connaissants sur tous les sujets éthiques?) qu’il est possible de développer la pensée critique de nos enfants. Ce que cette matière représente est de former nos enfants à être de bons citoyens. Est-ce que de suivre un plan de cours pensé par des enseignants en fonction d’amener les enfants tous vers des connaissances communes et, disons-le, une pensée assez uniforme, est la façon que l’on souhaite amener nos enfants à être de bons citoyens? En choisissant l’école maison, je crois bien que plusieurs répondront non à cette question. Et cela rejoint aussi aujourd’hui ce que le gouvernement veut imposer comme loi contrôlant l’école maison.

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L’éthique, la culture, la culture religieuse de surcroît, c’est dans l’expérience de la vie qu’on les travaille, qu’on se bâtit un intérieur à vivre en société. À moins de devoir passer les examens uniformes pour le diplôme, sortez des cahiers et explorez la vie sous toutes ses coutures. Alors votre «ECR» sera couverte entièrement, et vos enfants pourront devenir des êtres pensants.

 

Le retour graduel

Mon mari est reparti travailler ce matin. Les vacances de deux semaines, à constuire la chambre de ma fille au sous-sol, sont terminées. (La chambre, elle, ne l’est pas encore complètement terminée, mais elle est bien avancée.) Donc mes gars ont repris leur petit horaire d’été d’un peu de mathématiques le matin, 3 jours par semaine. Lili a tenu à finir son cahier de français de troisième année, elle a abattu près d’une dizaine de pages, sans demande de ma part.

Mon préscolaire a fait le casse-tête de la carte du monde aimantée et a été super attentif pendant toute la période d’une heure quinze! Je suis surprise de l’efficacité de cette matinée. J’espère qu’elle est un bon indice de notre début des classes qui s’annonce pour la semaine prochaine.

J’aimerais réussir à faire deux semaines de notre nouvelle année avant que bébé se pointe le bout du nez. La semaine du 21 et celle du 28 août… Réalisable?

Ma planification de l’année n’est pas encore totalement au point, mais tout de même pas mal développée. Dites-moi que j’aurai, contrairement aux 7 autres, un bébé calme et facile qui me laissera tout le loisir de reprendre mon énergie et de foncer dans mon année…

 

L’école maison vend et achète

Vous faites l’école maison au Québec et vous cherchez à vous procurer du matériel (manuels, cahiers, manipulatifs, jeux de scociété, livres de lecture, …), venez nous voir sur la page facebook Vente de matériel éducatif entre parents-éducateurs au Québec.

On y trouve de nombreuses ressources mises en vente et un bain d’acheteurs-vendeurs de près de 1000 membres.  Feuilletez les albums de chaque vendeur en cliquant sur «Photos» dans la marge de gauche, puis sur «albums». Comme les parents-éducateurs sont parsemés à travers le Québec, certains vendeurs peuvent vous accomoder en postant vos achats, d’autres préconiseront l’achat local.

Mais je crois qu’on y trouve de tout pour tous, venez vous joindre à nous, si vous faites l’école maison!

Thèmes 2017-2018

La période de l’année que je préfère pour l’école à la maison (pas pour les chaleurs horribles – euh torrides !): la planification des thèmes de l’année en anglais, en club nature, en club de lecture, en français… Le temps où je peux fouiller le net pour des livres intéressants, des idées d’activités originales, des mises en situation stimulantes. Le temps où je me permets des achats de livres pour pouvoir réaliser tous ces projets. Le temps où ma créativité est émoustillée. J’aurais le goût de tout faire maintenant, pas attendre au mois de janvier ou avril pour réaliser les activités.

En anglais pour les moyens et les petits, nous travaillerons les thèmes suivants: Pumpkins, Squirrels, Money, Groundhog Day, Books/Alphabet, Faces, Robots, Lost in… a city/Pigs.  Une petite mascotte sera à l’honneur pour chacun de ces thèmes. Je la ferai apparaître au début du thème probablement en réutilisant ma machine à voyager dans le temps. Une petite touche de magie pour les petits.

Pour le club nature, les projets sont moins avancés dans la planification, mais ça devrait ressembler à : Météo, Atomes et molécules, Digestion, Fossiles, Guimauve ou chocolat, Rat musqué et finalement Cochons. Il y a possibilité de changements car mes sujets sont encore au stade embryonnaire.

Dans le club de lecture, nous aurons un gros projet sur Roald Dahl en début d’année. Ensuite, les livres que je souhaiterais exploiter, surtout en lien avec l’éthique et culture religieuse, sont:

  • ABC Montréal
  • Les pierres d’Emma
  • La Tour de Babel
  • Nasreddine

Ainsi que les thèmes sur les poules, sur la fête des morts au Mexique et sur les arts.

Je sais, je sais j’ambitionne. Je n’aurai pas cette énergie. Mais bon, pour l’instant, la créativité s’emballe, c’est mon temps de l’année.  Ensuite nous verrons bien ce qui sera réalisable.  Comme j’ai prévu suivre des cahiers et manuels pour le français de mes enfants, contrairement à d’habitude où je partirais aussi dans des projets dans cette matière, j’aurai besoin de sortir de la routine pour explorer un peu plus dans le club de lecture.

J’ai tellement d’excitation à monter ces projets que j’ai toujours peur que les enfants ne s’y amusent pas. J’ai hâte de voir comment tout ça se déroulera.

 

Pour en revenir à notre école maison

Vacances, bébé, voyage, échographie,…

Et l’école maison dans tout ça?

On fait ce qu’on peut 😉

En septembre, ou peut-être octobre, selon notre énergie disponible, Elliot fera sa maternelle non-officielle, c’est-à-dire que je lui offrirai quelques activités dirigées chaque jour pour l’habituer à travailler avec nous. Oui ça sera un an d’avance, comme pour Lili (il aura 4 ans), mais sa motricité fine est très en avance et sa maturité intellectuelle est à point. Sa maturité émotionnelle, on repassera… mais comme il est à la maison, ça va passer très bien. Il est prêt et ça sera une bonne façon de lui donner de l’attention positive avec bébé qui va arriver.

Lili plongera dans sa 4e année avec facilité et bonheur. Son horaire ressemblera à s’y méprendre à celui de cette année. Trois matières de 45-60 minutes par jour (maths-français-autre), quatre jours par semaine. J’ajouterai possiblement un peu plus d’anglais, car je néglige ce côté puisqu’elle maîtrise déjà l’humour en anglais, c’est dire son niveau de compréhension.

Mathis est un élément plus difficile à cerner. En maths et en histoire, il arrivera en 3e secondaire, en sciences en 4e secondaire (eh oui il a très bien réussi son niveau 3e secondaire cette année).  En français et anglais, mmmhh 2e secondaire, mais il ne se force tellement pas que parfois il est difficile de croire qu’il est même de ce niveau. Je reviendrai éventuellement sur le matériel que j’utiliserai. Je dois encore prendre des décisions pour les langues. Je dois aussi prendre des décisions au cours de l’année pour l’obtention de ses unités pour DES. L’an prochain, il sera à la croisée des chemins à 14 ans.

Yann m’inquiète de plus en plus. Depuis plusieurs mois que j’ai l’impression qu’il n’apprend pas. Aucune nouvelle matière ne rentre dans sa tête. Enfin, en français, histoire, anglais et sciences, il sera en 3e secondaire. Eh oui pour les sciences, il doit reprendre son année (je vais utiliser un différent programme pour le garder motivé). Vraiment la matière de sciences de 3e secondaire était nettement trop difficile pour lui, mais il ne voulait rien savoir de rétrograder… En maths, il en sera à peaufiner sa 1re secondaire. Il passera en 2e secondaire en maths au cours de l’automne.

Lucie termine tranquillement de ramasser ses unités pour le DES. L’objectif est de terminer en décembre et d’entrer au Cégep en janvier. Comme sa concentration ne se donne qu’à partir de septembre, elle ferait une demie-session avec ses cours obligatoires et une autre demie-session en septembre 2018 avec ses cours de concentration. Ce sera plus relaxe pour elle et son anxiété de commencer par deux demies-sessions de Cégep. Mais la bonne nouvelle est que je n’ai aucune planification à faire pour elle. Et aucun achat immédiat. Les cahiers de l’éducation aux adultes s’achètent au moment du besoin. La mauvaise nouvelle est que les frais de scolarité du Cégep en janvier seront pas mal chers…

Voici un peu le portrait de ce qui m’attend à la prochaine rentrée scolaire. Le facteur nouveau bébé n’est pas tenu en compte ici 😉