Septembre

Septembre est passé comme un coup de vent. C’est qu’il y a maintenant de l’action en bonne quantité en septembre. Ils sont rendus trois fêtés à se partager le mois de septembre chez mes enfants. Évidemment la rentrée scolaire exige toujours un peu d’adaptations. Le congrès de l’Association québécoise de l’éducation à domicile avait lieu les 22-23 septembre cette année. La nouvelle loi pour l’éducation à domicile demande la production de papiers officialisant notre année scolaire. Un nouveau local pour des activités en groupe de soutien a ouvert ses portes, et j’y propose quelques animations. Et la cerise sur le sundae: Yann a commencé l’école aux adultes, sur place, un avant-midi par semaine.

Eh oui, un deuxième avec un pas hors de l’école maison.

Il a des difficultés d’apprentissage importantes qui ont comme résultat qu’il est à différents niveaux selon les matières. On travaillait très fort vers l’obtention de son diplôme d’études secondaires, mais je doutais un peu qu’il puisse y arriver. Nous avons eu une première discussion il y a plus d’un an. Je voulais qu’il sache que même s’il n’obtenait pas son DES, des avenues s’offraient à lui pour qu’il devienne «quelque chose» et non «juste un drop-out».

On a fouillé ensemble et il avait,, à ce moment-là, découvert les cours de cuisine en DEP (secondaire professionnel). Plusieurs cours lui tentent. Il aimerait toucher à tout pour devenir un outil indispensable dans une cuisine un jour. Il a vu que pour boucherie, il avait besoin de Maths, Français et Anglais de 3e sec. Et pour les autres choix comme pâtisserie, cuisine générale, boulangerie, etc, il devait réussir ces trois matières de base mais de 4e secondaire. Ces objectifs bien plus réalistes et près de lui en échéance étaient plus motivants.

Une autre discussion s’imposait pour établir un plan de match. Nous avons décidé qu’en français, il était prêt à faire sa 4e secondaire. À ce moment-là, il y a 6 mois environ, il voulait continuer à la maison mais en passant les examens aux adultes comme sa soeur. Moi je voulais qu’il le fasse avec un enseignant attitré pour constater ses besoins de soutien pour les évaluations (ordi, correcteur, tiers-temps de plus…). Finalement, après notre rencontre avec le centre d’éducation aux adultes, nous avons convenu qu’il irait en classe 3 heures par semaine, le vendredi matin, pour travailler son français avec soutien de l’enseignant et d’une orthopédagogue. Oui aux adultes, les services sont disponibles! Ainsi ses besoins sont constatés et l’aide est présente. Il est même possible qu’il puisse obtenir un ordinateur, avec  suite Office et correcteur, fourni par le gouvernement pour la suite de ses études. On croise les doigts.

Petit velours: ils ont trouvé que Yann se débrouillait pas mal bien pour corriger ses textes avec l’aide du correcteur de Word. Lorsque Word souligne l’erreur, il est apte à se poser les bonnes questions et à trouver les réponses avec les règles de grammaire apprises. Il arrive donc à produire un texte avec peu de fautes, faisant en sorte qu’il n’aurait pas droit à Antidote en évaluation parce qu’il est trop bon. Ces mots sont toujours aussi doux à mes oreilles. Au moins, on ne travaille pas pour rien depuis toutes ces années.

En anglais, il passera sous peu le test de classement qui sanctionne les études: le Prior Learning Examination. Lucie l’a passé et a ainsi obtenu, grâce à sa note, toutes les unités d’anglais de 4e ET de 5e secondaire d’un coup sans faire aucun cours. J’ai hâte de voir où se situe Yann dans tout ça, car il a de la misère en français, l’Anglais n’y échappe pas non plus. Mais j’ai bon espoir qu’il réussisse au moins à obtenir ses unités de 4e secondaire. Il ne nous reste qu’à prendre rendez-vous, ils ont déjà reçu les tests.

Ce sont les maths qui clochent le plus. Il commence cette année ses maths de 2e secondaire. Et je l’ai passé en 2e parce qu’il avait déjà fait deux fois sa 1re secondaire. C’est toujours aussi difficile. Mais il avance tranquillement. Je suis triste pour lui que cette matière le ralentisse ainsi à aller vers le DEP. C’est un objectif bien réaliste tout de même. Nous avons changé de programme de maths, de Point de mire, nous sommes passés à Sommets, de Chenelière. Jusqu’à maintenant, ça avance mieux. Ça ne coule pas.

Nous avons appris que le diplôme professionnel qu’il fera comptera pour TOUTES ses autres unités du diplôme d’étude secondaire. Donc avec maths, français, anglais et son DEP, il pourra obtenir l’équivalent de son DES. Ce fut une bien belle nouvelle motivante.

Le seul hic à ce beau tableau 2018-2019? Je quitte le vendredi matin avec la gang au complet. Je vais reconduire Lucie-Maud au cégep pour son cours de 8h00, puis direction diamétralement opposée, je vais reconduire Yann-Salomon  au centre aux adultes pour 8h30 (en repassant devant chez nous). Puis je repars en direction du cégep car le cours de Lucie finit à 9h50 et enfin je retourne chercher Yann, son cours se termine à 11h45. À travers ces taxis, j’ai à peine une heure, soit à la bibliothèque municipale ou à la maison.  Mon vendredi matin est un réel cauchemar.  Surtout que j’ai mes animations à la maison les vendredis après-midis. Et les autres enfants passent la matinée en voiture…  Souhaitons un horaire de cégep plus adéquat à la session d’hiver.

J’aurai bientôt mené un autre enfant au bout de l’école maison. Quel sentiment de fierté mitigé!

 

Élections

Non, je ne vous parlerai pas des résultats de vos élections de lundi. Je vais vous parler des élections des jeunes qui avaient à se prononcer sur une question cruciale: Pourquoi penses-tu qu’il est important de voter?

Une initiative très intéressante et certainement pas désintéressée. Amenons les jeunes aux urnes, montrons-leur comment on fait et pourquoi on le fait. Expliquons-leur que c’est un devoir de voter car nous avons ici, au Canada, au Québec, cette chance de pouvoir voter en sécurité, de pouvoir choisir qui nous gouvernera pour 4 ans.

Les enfants de 3 à 18 ans pouvaient se prononcer sur la question. Ils devaient aller derrière un isoloir, cocher une case sur un bulletin de vote, déposer leur bulletin plié dans l’urne. Exactement le même processus que papa et maman.

Pour faire ce geste si important, ils recevaient un collant d’électeur en herbe et ensuite pour avoir inscrit leur vote, ils recevaient un tattoo « J’ai voté ».

Voici les résultats des votes des enfants dans ma circonscription. Résultat bien plus intéressant à discuter que le résultat des adultes…

À la prochaine élection, amenez vos enfants voter avec vous. Initiez-les à leur devoir de citoyen. C’est essentiel.

Ce faisant, vous ne pourrez pas vous soustraire à VOTRE devoir…

 

Coming-out!

Aujourd’hui, lundi le 3 septembre 2018, j’ai inscrit mes enfants au ministère pour légaliser notre aventure d’école maison. En toute connaissance de cause, j’ai attendu 2 jours passés la date limite… Mon petit côté «rebelle».

Une nouvelle loi est entrée en vigueur le 1er juillet, rendant maintenant l’inscription obligatoire au ministère. J’ai longuement soupiré face à ce détail de la nouvelle loi. J’étais si bien dans mon anonymat. Pas que je pouvais laisser les enfants négligemment flâner sans rien faire de leur journée, pas que je les enfermais dans une légendaire garde-robe, pas non plus que j’avais peur qu’ils ne soient pas aptes à faire face. Non tout simplement pour avoir la sainte paix.

J’ai tellement vu des amies rassembler des tonnes de travaux, mettre des tonnes d’heures, suer des tonnes de stress, pour monter un portfolio qui plairait si possible aux «autorités compétentes» à le vérifier. Des amies qui avaient entièrement confiance en leur projet d’école maison mais qui devaient rendre des comptes à des commissions scolaires (CS) hautement réfractaires à cette réalité. J’ai vu de l’intimidation de la part des CS, j’ai vu la DPJ aller sonner chez ces familles, j’ai vu trop de choses désagréables en près de 17 ans d’école maison.  Moi, mon fils (aujourd’hui adulte) ils ne le voulaient pas à l’école. Alors ils m’ont toujours laissée tranquille, de peur que je le mette entre leurs pattes. Je n’ai par la suite, jamais inscrit les autres. Et nous étions bien.

Des 6 enfants restants à la maison, ma grande est rendue au cégep, en n’ayant jamais mis les pieds à l’école. Je viens d’inscrire mon deuxième à l’école aux adultes. Il a passé l’âge de la fréquentation scolaire. J’ai donc dû inscrire mon 14 ans et ma 9 ans au ministère. Mon préscolaire et mon bébé n’ont pas à être suivis encore pour un bon bout.

Je n’ai aucune inquiétude pour leur rendement. Ils sont doués, capables, réveillés, débrouillards. Je viens seulement d’ajouter une pile de paperasse sur MES épaules. Une pile de paperasse nécessaire pour le gouvernement afin de voir que je leur enseigne un minimum de bon sens, que mes enfants ne le poursuivront pas à l’âge adulte pour négligence, que la religion, si elle prend part à notre vie, n’est pas trop envahissante pour tasser tout le reste. Oui parce que c’est pour ça que le gouvernement a adopté une nouvelle loi: pour encadrer les écoles religieuses illégales. Et il ramasse par la bande les familles d’école maison innocentes, qui pour la très grande majorité, font ça ben comme il faut depuis toujours, mais qui devront dorénavant montrer des preuves de ce comme il faut.

Nous avons eu la chance, il est vrai, de négocier avec un ministre de l’éducation avant-gardiste qui a su pas mal écouter. Nous, je dis nous, mais en fait c’est l’AQED (l’Association Québécoise pour l’Éducation à Domicile) qui nous a superbement représentées, nous les familles d’apprentissage en famille. En étant présente partout, tout le temps, pendant l’écriture de cette loi et des règlements qui ont suivi, l’AQED a réussi à faire en sorte que la nouvelle loi soit assez ouverte quant aux résultats à obtenir avec nos enfants et à la façon d’obtenir ces résultats. Mais malheureusement, cela ne se fait qu’avec la production par le parent d’une pile de paperasse inutile, puisque nous nous savons très bien si nos enfants avancent selon une progression suffisante ou pas.

Car il est évident, oui évident, que notre souhait le plus cher, cher gouvernement, est que nos enfants deviennent de bons citoyens payeurs de taxes.  Oui nous souhaitons qu’ils trouvent leur voie et fassent leur vie, soient heureux, et paient leurs impôts. C’est pour leur donner la meilleure des chances de réussir cela que nous choisissons de sacrifier un salaire et donner notre temps totalement, sans demander rien en retour. Alors vous pensez vraiment qu’on les négligerait?

Mes enfants ne verront pas une graine de différence avec avant. Leurs cahiers, leurs projets, leurs sorties, leurs temps libres, leurs passions, leurs amis, leurs mondes resteront les mêmes, totalement. C’est le mien qui change, qui s’alourdit d’un projet d’apprentissage, de deux bilans, d’un portfolio, d’une rencontre, d’un état de la situation, et tout ça annuellement pour prouver quelque chose que nous savons déjà.

Mais malgré tout ça, ce soir, j’ai poussé le bouton SOUMETTRE sur le formulaire du ministère. J’ai envoyé l’Avis obligatoire d’inscription. Nous ne sommes plus anonymes. Je viens d’être promue secrétaire du gouvernement.

Oncle Paul

C’était les funérailles de mon grand-oncle Paul aujourd’hui. Des funérailles nationales!! Pourtant, pour moi, il a toujours été «mononcle Paul». Il était le frère de ma grand-mère. Que ce soit dans les fêtes de Noël de mon enfance ou dans les funérailles des différents membres de la famille, chaque fois que je le rencontrais, il était pour moi un homme doux qui s’intéressait à moi, qui avait toujours une question à me poser sur comment j’allais ou ce que je faisais.  Je n’ai jamais réalisé l’ampleur de son oeuvre, même si j’en connaissais la teneur, je ne l’ai jamais vraiment réalisé, donc, avant aujourd’hui.

Pendant ces funérailles nationales, tant de dignitaires étaient présents. Déjà ça impressionne. Mais aussi les discours sur cet homme, autant des personnalités connues que de simples participants à la dictée PGL, m’ont fait voir la mesure de ses accomplissements.

Il a fait beaucoup pour l’éducation publique, gratuite, universelle, au Québec. On aurait pu penser qu’il soit vexé que je n’envoie pas mes enfants à l’école, profiter de toute cette chance d’avoir à leur portée une telle école.  Non. Il m’a plutôt félicitée, il y a de ça plusieurs années, de prendre ainsi en mains l’éducation de mes enfants, avec autant de dévouement et de passion. Je comprenais de son message à l’époque qu’il souhaitait que tous les enfants puissent avoir accès à une éducation de qualité, peu importe le moyen d’y arriver. Aujourd’hui, de nouveau, j’ai compris ce message.

Bel hommage rendu. Des chansons de toute beauté, interprétées par Johanne Blouin, Grégory Charles (et choeur parfois), Yves Duteil même (une chanson composée par Yves Duteil pour les 25 ans de la dictée PGL) – superbe dans les mots, superbe dans la voix. Des témoignages touchants, impressionnants.

Merci.

Pour perpétrer son oeuvre, un don à la Fondation Paul Gérin-Lajoie est une bonne idée.

Et n’oubliez pas son message: «Si tu peux y rêver, tu peux le réaliser!»

Maman, tu as déjà étudié la zoologie à l’université?

Depuis plus de 16 ans d’école maison, j’ai rencontré de nombreuses familles. De l’ingénierie à l’ergothérapie, de l’informatique à l’enseignement, de l’horticulture à l’autosuffisance, de l’entrepreneuriat au retour aux études, nous les mamans d’école maison, pouvons tisser une toile d’expertise impressionnante autour de nos enfants.

Nous avons souvent sacrifié des années d’étude pour nous consacrer entièrement à celles de nos enfants. Et nous avons tellement délaissé cette ancienne vie, que nos rejetons ont peine à nous croire lorsque nous en parlons.

«Quoi, gérante de pet shop???»

«Hein, tu connais le latin aussi???»

«Tu as étudié dans combien de programmes universitaires???»

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– Ben oui j’ai disséqué un lapin en labo et compté des arbres en forêt.

– Ben oui, j’ai mis sur pied un camp de jour et un service de garde scolaire.

– Ben oui, j’ai étudié Piaget et les autres, même si je crie trop souvent contre toi sans résultat.

 

Si un chat a 9 vies, une maman d’école maison doit bien en avoir 4 certain : ‘avant les enfants’, ‘avec les enfants’, ‘avec l’école maison’ et ‘totalement perdue, après tout ça’.

 

Sommes-nous compétentes pour enseigner? Pfff probablement pas pour plusieurs d’entre nous. Gérer une classe, c’est une épreuve de force! Mais nous le sommes totalement pour accompagner nos enfants, les stimuler, leur offrir une vie de richesses grâce à un entourage incroyable.

Posez la question autour de vous. Interrogez les mamans de votre groupe de soutien. Vous allez voir…

Hier, chez moi, c’était la rencontre avec une maman de 5. Elle était, dans une autre vie, ingénieure en aéronautique! Ai-je besoin de vous dire que chez elle, la mathématique est LA matière qui a la cote?

Être là où l’on doit être

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Je viens de finir de lire un roman que je vais utiliser pour mon groupe des Mollolecteurs (9-12 ans). Une phrase qui y revient souvent est: Être là on l’on doit être. Cela m’a beaucoup interpellée car je me suis posé la question à de nombreuses reprises cette année qui vient de passer.

«Suis-je là où je devrais être?»

Il est difficile de répondre à cette question. Et ma philosophie a toujours été que la vie s’écrit une page à la fois, qu’on ne peut tout contrôler et encore moins tout prévoir.

Je me suis rendue compte que l’année était tellement difficile que je me refermais sur moi-même pour éviter d’avoir à répondre à la question inévitable: «Pis, comment ça va?» Cette question est une question-piège. Si l’on répond «Oui tout va bien», on ment, et la vie continue. Si l’on répond «Non ça ne va pas», la plupart des gens ignoreront ou ne voudront pas chercher à savoir pourquoi. Parce qu’on a assez de nos malheurs, pas besoin de ceux des autres.

Si vous me lisez couramment, vous savez pourquoi mon année a été difficile. Mais il arrive que ce ne soit pas seulement les événements qui cause ce sentiment mais aussi tout simplement l’impression de ne pas être là où l’on devrait être à ce moment-ci de notre vie.

L’école maison est dangereuse car elle crée un milieu artificiel de vie qui inévitablement doit se briser un jour. On vit dans un cocon familial, non je ne dirai pas nécessairement douillet, mais protégé. On gère au quotidien et chaque jour on se lève sur une nouvelle journée qu’on a choisie, la plupart du temps. On ne se rend pas compte de cet effet pernicieux de vivre en vase clos. Un jour, notre enfant a grandi (ils grandissent toujours trop vite) et doit sortir de la maison, du cocon, pour aller vivre autre chose. Si l’enfant était allé à l’école, le cégep ne serait qu’une continuité. Mais avec l’école maison le cégep demande une restructuration complète du mode de vie. le cocon ne sera plus jamais fermé complètement sur notre vie familiale, il aura pour toujours une brèche vers l’extérieur.

Et quand cette belle aventure d’école maison se termine, on se retrouve devant rien. C’est comme si nos enfants partaient du nid doublement. On a, par le passé, quitté notre «carrière» qu’on ne peut pas vraiment retrouver 15 ans plus tard sans nécessiter une mise au point. Mais on n’a pas nécessairement le goût non plus de reprendre là où on avait laissé car justement on est ailleurs maintenant.  On doit aussi se questionner à savoir qui on est, qu’est-on devenu?

Avec ma famille qui s’était étalée sur deux décennies, il était évident que je restais dans le milieu plus longtemps que la plupart des familles qui m’entouraient. Cela voulait donc dire que pendant que des familles quittaient mon entourage, d’autres venaient graviter autour de moi. Je devais refaire mon cercle de fréquentation relié à l’école maison. Mais avec le temps j’avais commencé mon lent cheminement vers la fin de cette aventure.  Entrevoir des possibilités d’utilisation de mon temps d’adulte, échafauder des plans d’avenir, des projets motivants.

Cette année difficile a fait s’écrouler bien des échéanciers. Et je me suis retrouvée à ne plus être capable de voir l’avenir.  Je me suis retrouvée à ne pouvoir que considérer la prochaine heure et ensuite la prochaine heure, une à la fois pour boucler des journées qui se sont suivies pendant des mois. Je me suis retrouvée à faire porter à une petite fille de quelques mois le poids de la déception. Non je ne me suis pas retrouvée ainsi mais j’aurais pu. Je me suis arrêtée à temps. Cette enfant qui n’avait pas demandé à venir au monde, moi je l’avais choisie et je devais maintenant pleinement l’assumer. OUI ce fut une année difficile, mais les autres années à venir le seraient tout autant avec une telle vision que la vie est si difficile.

NON je ne suis pas où je croyais que je serais il y a près de deux ans. Juste avant qu’un petit plus sur un bâton ne se transforme en crevette gigotante, puis en sirène à lait maternel. Je suis ailleurs. Qu’est-ce qui sortira de cette nouvelle voie? Je devrai défricher longtemps encore je crois. Mais je suis maintenant capable d’ouvrir ce chemin d’avenir pour elle et pour moi.

L’automne s’annonce occupé. L’automne s’annonce rempli de nouveautés. L’automne s’annonce chargé d’anniversaires pleins d’émotions.  Mais l’automne filera vers l’hiver, qui lui finira par mener au prochain été. Et j’essaierai très fort que cet automne ne puisse pas s’annoncer difficile. Car ce mot, bien que ce sera difficile d’y arriver, ce mot, donc, devra être rayé de mon vocabulaire pour qualifier ma vie.

Suis-je là où je dois être? Je ne suis pas là où je croyais que je serais, à 45 ans. C’est déstabilisant. Mais je suis certainement là où je suis et cela ne peut être autrement. La vie s’est écrite ainsi, c’est certainement parce que cela devait être ainsi et donc je devais y être aussi.

Et vous, où êtes-vous?

 

 

Le retour des Adolecteurs

Après une année de congé pour bercer bébé, voilà que je repars les Adolecteurs de l’école maison. Comme par le passé, les jeunes doivent lire la sélection de romans pour les élèves du secondaire parue sur le blogue http://prixadolecteurs.blogspot.com/ pendant l’année scolaire afin de voter en avril pour leur roman québécois et étranger préférés. Cette année la sélection compte huit livres au lieu de 10.

J’ai mis à l’horaire 7 rencontres. Elles se dérouleront dans la bibliothèque municipale de Saint-Hyacinthe qui accepte gracieusement qu’on y tienne nos activités.  Encore une fois, nous aurons plus de 12 jeunes qui discuteront autour de ces romans. Chaque mois, un roman différent sera mis de l’avant. Ce sera de lui dont on parlera.

Mais grande nouveauté cette année!!! J’ai mis sur pied un groupe de Mollolecteurs, des lecteurs de 9-12 ans, et un groupe de Minilecteurs (ceux qui aiment mieux se faire lire que de lire eux-mêmes), en grande partie frères et soeurs des plus vieux. Il faut bien tenir occupés ces plus jeunes qui suivent, car en école maison on aime les déplacements en famille.

Les Mollolecteurs ont une sélection de 4-5 romans, sélectionnés par moi. Mais contrairement aux plus vieux, leurs rencontres ne seront pas que discussion autour du roman. Il y aura une ou plusieurs activités en lien avec le roman lu. Pas d’activités d’école, plus des activités dynamiques pour encourager à aimer la lecture et pour avoir le goût d’en parler après la lecture. Je prépare mes groupes d’adolecteurs du futur.

Les Minilecteurs se feront raconter un album jeunesse et auront des activités dirigées autour de l’album, toujours dans le but de stimuler le goût des livres des enfants. Je prévois donc des livres accrocheurs et des activités amusantes. Encore une fois, point de travail scolaire à l’horizon.

La bibliothèque met même un local fermé à notre disposition pour encadrer les activités plus grouillantes des petits.  Nous avons un super accueil dans ce nouveau lieu. Par le passé, nous allions à ma bibliothèque de village, où je fais du bénévolat.  Mais avec trois groupes à gérer, elle était devenue trop petite pour nos besoins.

Je suis vraiment emballée par ce nouveau départ. J’ai hâte de voir l’engouement des plus jeunes, l’intérêt des moyens et surtout la discussion des plus vieux, toujours tellement riche.

Il reste encore des places si jamais vous voulez vous joindre à nous. Faites-moi signe tout simplement.