Première job: le centre d’aide en français?

Premier cours de français au cégep, une courte situation d’écriture est demandée. Au cours suivant, le prof rencontre ma fille pour lui suggérer de donner son nom au CAF comme soutien en français pour les étudiants demandant de l’aide. En plus d’une reconnaissance de ses compétences (qui rejaillit un peu sur moi 😉 ), elle pourra gagner un peu de sous, car c’est un travail rémunéré, et ajouter cette expérience à son cv.

Je suis fière, oh oui!

Rentrée reportée

Elle était prête pour le grand saut. «Mindée» comme on dit. Sac rempli, lunch fait, cadran réglé, et surtout anxiété à haut voltage tenue sous muselière. Elle avait vraiment hâte à sa première rentrée scolaire.

Déception majeure ce matin: le cégep fermé à cause de la tempête. Rentrée reportée à demain. Attente prolongée.

Ce sera une llllooooonnnnnnggguuuuueeeeee journée.

Une paire de souliers de course

espadrilles colorées - 10 trucs pour bien choisir ses souliers de sport

Savez-vous ce qui indique le plus qu’un de mes enfants entre à l’école? L’achat pressé ce soir, la veille de la rentrée, de cette fameuse paire de souliers de course pour le cours d’éducation physique.

Lucie-Maud a réussi à terminer tous les cours aux adultes nécessaires pour entrer au cégep. Elle est entrée en Tremplin DEC qui lui permet d’être aux études à temps plein avec 4 cours au cégep et finir ses unités manquantes du secondaire en même temps.

Avec le délai de trois mois, en septembre 2016, pour l’obtention de son code permanent et le fait qu’elle avait l’entièrereté de ses 54 unités à cumuler pour son diplôme, le laps de temps d’un an et demi est raisonnable. Elle entre donc au cégep une session plus tard et avec encore six unités du secondaire à cumuler.

Ses enseignants aux adultes ont été bien aidants pour corriger les derniers examens à temps pour obtenir son attestation. Lucie a travaillé très fort pendant les derniers mois pour y arriver. Et la vie ne l’a pas aidée: arrivée d’une nouvelle petite soeur, décès de son grand-père, problèmes de santé nécessitant une chirurgie,… Elle n’a pas lâché et a réussi.

Studieuse, persévérante, mais aussi extrêmement anxieuse, l’aventure fut tumultueuse, mais remplie de bons résultats.  De plus, au lieu de cours de remplissage inutiles, elle, et j’appuie sur ELLE, a préféré choisir des cours de maths de 5e secondaire pour les unités manquantes. Il faut dire qu’avec ses 100% pour 3 cours de maths de 4e secondaire sur 4, les maths de 5e secondaire devenaient accessibles.

Elle vise le DEC en Arts, Lettres et Communication. Cela lui permet d’explorer les différents arts en général, plutôt que d’en choisir un maintenant. Ce DEC se donne près de chez nous ce qui facilitera le voyagement. Ma fille refuse de passer son permis de conduire. Ça, ça reste un soupir pour moi, car du fond de ma campagne sans transport en commun, je devrai aller la reconduire et la chercher tous les jours, trainant les autres enfants chaque fois.

Lucie-Maud n’a jamais mis les pieds dans une école. Elle a été inscrite aux examens seulement pour l’obtention de toutes ses unités du secondaire. Elle a donc mis les pieds quelques heures par-ci par-là lors de la passation d’examens mais jamais pour y suivre un cours.  Demain est donc la grande rentrée. Le fait de n’avoir qu’une petite session de quatre cours est un plus intéressant pour cette transition majeure. Le temps d’apprivoiser sa nouvelle vie, de gérer son anxiété, de compléter ses unités, elle commencera en Arts, Lettres et Communication en septembre, forte d’une première session qui aura brisé la glace.

Je l’ai menée à l’âge adulte (elle a eu 18 ans au début janvier) et au bout sa scolarité obligatoire. Maintenant je me recule doucement et je la regarde prendre son envol. Va, Lucie, la vie t’attend et tu as tout ce qu’il faut pour l’embrasser. Tu es merveilleuse!

Complètement dépassée par la correction

Avec deux enfants au secondaire à la maison et une au primaire à la maison (avec aussi le temps que prennent l’énergie d’un préscolaire, les boires d’un poupon et les questions de celle en fin de secondaire), la correction est arrivée, j’ai bien peur, à un point de non retour: je n’arriverai JAMAIS à tout corriger…

Les gars font leur histoire en même temps, c’est la matière dans laquelle on a le moins de retard. Avec un peu plus d’assiduité, je dirais même qu’on est correct.

L’anglais pour Mathis est à jour parce qu’il doit suivre le rythme du groupe auquel il participe. Mais Yann avance dans ses cahiers sans que RIEN ne soit corrigé… J’ai donc trois mois d’études de textes, de rédaction de textes et d’exercices de grammaire à corriger.

En français, par manque de temps, Yann ne fait que du remplissage de cahiers. Ses travaux ne sont pas signifiants. Dans ses textes, il y a toujours autant de fautes malgré les nombreuses pages de grammaire noircies. De plus, il n’arrive pas à appliquer la théorie de rédaction aux types de textes qu’il écrit. Cette matière est tellement pénible à corriger avec lui, elle demande tellement de patience et de temps. Je repousse toujours le moment de passer à l’action. Mathis est en retard lui-même dans cette matière donc pas vraiment de correction en retard, mais est-ce mieux ??

En science, comme Mathis est deux ans en avance, je ne suis pas stressée de son cheminement. Je n’ai donc corrigé que les quelques premières pages de son cahier. Mais il est moins attentif et appliqué dans son travail qu’il l’était avant, il comprend un peu moins bien la matière car il doit nouvellement avancer seul contrairement à avant où on faisait les sciences tous ensemble. Ici on a du chemin à faire. La correction pour Yann est 3 mois en retard.

Enfin en maths, Mathis traiiiiiiiiinnnnnnnneeeeeeeee ça en longueur. Il ne veut pas finir son cahier de 2e secondaire pour faire celui de 3e. Il a peur de ne pas réussir, il souffre beaucoup de démotivation et d’anxiété de performance ces temps-ci. Il est pourtant doué, mais on dirait qu’il ne comprend plus rapidement la matière, que son cerveau est en mode « bouillie pour chats ». Oh ai-je précisé que les hormones viennent de lui rentrer dedans? Et ça fesse FORT!  Yann, de son côté, avait grandement besoin de corrections pour continuer sa première secondaire en maths. C’est maintenant chose faite! Vive les journées relaxes qui suivent le temps des fêtes.

La correction des travaux de Lili, au 2e cycle du primaire, se fait au fur et à mesure. Pourquoi ce n’est pas ainsi pour les plus vieux? Par manque de temps, j’imagine. Je n’ai qu’un cours de retard dans la correction des exercices de Lili, en maths et en français. L’anglais suit le rythme des activités de son groupe. Les sciences et l’univers social se font avec une autre famille. Aucune correction nécessaire.

Cette semaine, il y aura de l’école chez nous. De la correction, de la correction et encore de la correction. En espérant que ce sera PRESQUE suffisant pour reprendre UN PEU de contrôle sur la situation.

La vie, même en école maison, n’est pas toujours rose et facile. Certaines périodes sont plus essouflantes que d’autres. Mais c’est un rythme qui nous permet de VIVRE les événements de la vie pleinement. Et ça c’est un apprentissage bien plus important, selon moi, que les quelques pages de grammaire qui ne seront pas corrigées…

…mais… il demeure une part d’anxiété non gérée chez moi à cause de la correction…

 

La suppléante

Maman a besoin d’un peu de temps les mains libres. Lili est bien heureuse de se proposer. Comme Jessie ne se tourne pas encore (lorsque la photo a été prise il y a déjà plusieurs semaines), Lili peut travailler à ses côtés le temps que maman effectue ses tâches urgentes. Entre deux numéros de français, elle peut faire quelques risettes à sa soeur. Elles ont l’air bien, non?

Ramasseuse de bouchons

Mon chum n’est plus capable d’en voir! Je ramasse les bouchons depuis un bon bout de temps maintenant et j’en ai toute une collection! Pourquoi? Je ne sais pas encore ce à quoi ils serviront tous. Mais lorsqu’un projet se présentera, je serai prête.

Pour l’instant, j’ai des bouchons numérotés pour pratiquer les nombres de 1 à 100, j’ai des bouchons qui servent de citrouilles à mettre dans un camion, j’ai des bouchons balles de neige, des bouchons papillons qui se posent sur des fleurs… Plusieurs utilités pour les préscolaires en travail.

Lili m’a demandé de jouer avec les chaudières de bouchons l’autre jour. En plaçantles bouchons côte-à-côte (vert forêt), elle s’est rendu compte que 16 était un nombre carré.

Puis elle a fait une pyramide des nombres carrés.

Elle a exploré ainsi des notions mathématiques abordées dans son cahier. Elle a fait ça pendant ses temps libres, sans demande de ma part.

Mon chum ne peut plus rien dire maintenant: les bouchons sont un matériel de manipulation essentiel aux mathématiques hahaha!

Et moi qui, dans mes premières années d’école maison, a dépensé des fortunes en matériel de manipulation officiel 😉

Prévoir?

On lit beaucoup de messages présentement qui montrent que les parents qui se lancent dans l’aventure sont stressés, ne savent pas trop comment commencer, comment organiser leur année, comment planifier. Je crois que si je n’avais qu’un seul message à vous faire, je vous dirais que l’essence même de l’école maison est de permettre une adaptation à toute épreuve.

En février, je commençais ma 16e année d’école maison. Si vous m’aviez demandé à ce moment-là de quoi aurait l’air ma rentrée de septembre, je vous aurais répondu qu’elle serait calme avec ma fille qui finit son DES aux adultes et dont je n’ai plus besoin de vraiment m’occuper (école maison parlant bien sûr), mes deux fils en mi-secondaire, ma 2e fille en 4e année et mon petit à occuper. Point.

Puis à la fin de ce même mois de février, une première bascule arrivait. Une petite crevette surprise s’ajouterait à notre famille au début septembre. Événement inattendu, impossible, déstabilisant, transformant l’avenir des prochaines années qui commençait à se dessiner dans notre quotidien. Un bébé est TOUJOURS un cadeau inestimable de la vie. Mais, je vous le répète, à 44 ans, cela laisse des traces importantes. Mon printemps fut ralenti par une grande fatigue reliée à la grossesse. Plusieurs activités de groupe ont été annulées, et même l’école régulière de mes enfants a été moins efficace que d’habitude. Résultat: nous avons pris un retard sur l’année, et les gars ont dû faire un peu de maths cet été. Au secondaire, il est plus difficile de faire fi de cette progression.

Alors que l’été battait son plein, je faisais ma planification de l’année. Chaque matière pour chaque enfant, les activités de groupe qui commenceront plus tard mais qu’il faut prévoir tout de même. L’accouchement étant prévu pour le début septembre, j’ai pensé commencer l’année deux semaines plus tôt en août pour prendre de l’avance, établir une routine, se «remettre dedans» avant l’arrivée de crevette. Maman était réservée pour prendre soin des enfants pendant mon séjour de quelques jours à l’hôpital pour l’accouchement. Ce n’était pas la première fois que ma rentrée scolaire s’annonçait avec un accouchement: il y a 4 ans, Elliot naissait pratiquement à la même date. Alors on s’organisait tranquillement à revivre ça mais de façon toujours assez calme.

Puis mi-août arriva et Papa se mit à aller moins bien. Atteint du cancer, nous vivions en sursis agréablement accueilli depuis 3 ans et demi. Maman ne pourrait pas venir passer ces jours à la maison lors de l’accouchement, elle devrait s’occuper de papa. Puis il est entré d’urgence à l’hôpital lundi dernier. Deuxième bascule: visites à l’hôpital, gestion des émotions et réorganisation de la rentrée bousculaient notre début d’année.

La beauté de l’école maison est de pouvoir vivre ces moments importants à fond. La vie ne passe qu’une fois et il faut la savourer pleinement. Les enfants passent dans notre vie à une vitesse folle. Tout peut se réorganiser autour de la vie et de ses surprises. Rarement une contrainte ne nous empêchera de prendre le temps de vivre un moment important.

Nous avons commencé notre école maison lundi. Nous y avons mélangé rv de suivi de fin de grossesse et visite à Papa à l’hôpital. Et notre semaine s’est déroulée un peu cahoteuse mais atteignant tout de même les objectifs fixés. Nous avons pu gérer au quotidien les émotions débordantes. Nous avons pu donner une dernière touche à la nouvelle chambre de ma fille au sous-sol, permettant le déménagement en fin de semaine. Nous avons pu naviguer dans nos nouveaux cahiers et nos nouveaux apprentissages malgré ma planification encore un peu incomplète.

D’ici deux, gros max trois semaines, crevette se montrera le bout du nez. Cela nous obligera à arrêter complètement l’école pour juste vivre et se reprendre en mains. Et nous le ferons tout en prenant aussi du temps pour profiter de Grand-Papa le plus possible. Que serait notre vie sans ces moments importants? Que resterait-il de notre quotidien sans le temps consacré à gérer ces moments charnières? Une suite monotone d’autobus scolaire,  de journées trop vite passées et de vie oubliée.

Il est normal, parfaitement normal d’être stressée la première année de l’aventure de l’école maison. Sortir de l’institution pour entrer dans la vraie vie est une épreuve pour le parent moyen habitué de régler son quotidien sur un cadre bien défini. Mais lorsque vous constaterez que l’école maison s’adapte à TOUT ce que vous pourrez vivre, vous vous sentirez mieux et capable de faire face à n’importe quoi. On peut essayer de tout prévoir pour l’année scolaire et les années à venir; mais la vie est coquine, elle aime venir glisser de l’impromptu dans cette soupe. Cela ajoute du piquant qu’il est possible de digérer que si on peut en prendre le temps.

Je ne crois pas que mon choix de vie soit supérieur à celui des autres familles, que l’école maison soit une route mieux bâtie que l’école régulière. Je crois que l’on arrive au bout de notre chemin avec notre bagage constuit au gré des événements rencontrés, des décisions prises. Mais je crois qu’un avantage de l’école maison est de permettre de tout prévoir puis de tout REprévoir quand la première prédiction s’est plantée. Cette adaptation sans limite a été très importante dans ma vie cicatrisée.

Et je crois que ce que vous pouvez prévoir sans aucun doute en suivant l’aventure de l’école maison est de pouvoir toujours prendre le temps de vivre la vie telle qu’elle est, sans se presser de mettre certaines choses derrière pour suivre un rythme effréné. Chaque moment prend alors tout son sens.

Bonne rentrée!