Thèmes 2017-2018

La période de l’année que je préfère pour l’école à la maison (pas pour les chaleurs horribles – euh torrides !): la planification des thèmes de l’année en anglais, en club nature, en club de lecture, en français… Le temps où je peux fouiller le net pour des livres intéressants, des idées d’activités originales, des mises en situation stimulantes. Le temps où je me permets des achats de livres pour pouvoir réaliser tous ces projets. Le temps où ma créativité est émoustillée. J’aurais le goût de tout faire maintenant, pas attendre au mois de janvier ou avril pour réaliser les activités.

En anglais pour les moyens et les petits, nous travaillerons les thèmes suivants: Pumpkins, Squirrels, Money, Groundhog Day, Books/Alphabet, Faces, Robots, Lost in… a city/Pigs.  Une petite mascotte sera à l’honneur pour chacun de ces thèmes. Je la ferai apparaître au début du thème probablement en réutilisant ma machine à voyager dans le temps. Une petite touche de magie pour les petits.

Pour le club nature, les projets sont moins avancés dans la planification, mais ça devrait ressembler à : Météo, Atomes et molécules, Digestion, Fossiles, Guimauve ou chocolat, Rat musqué et finalement Cochons. Il y a possibilité de changements car mes sujets sont encore au stade embryonnaire.

Dans le club de lecture, nous aurons un gros projet sur Roald Dahl en début d’année. Ensuite, les livres que je souhaiterais exploiter, surtout en lien avec l’éthique et culture religieuse, sont:

  • ABC Montréal
  • Les pierres d’Emma
  • La Tour de Babel
  • Nasreddine

Ainsi que les thèmes sur les poules, sur la fête des morts au Mexique et sur les arts.

Je sais, je sais j’ambitionne. Je n’aurai pas cette énergie. Mais bon, pour l’instant, la créativité s’emballe, c’est mon temps de l’année.  Ensuite nous verrons bien ce qui sera réalisable.  Comme j’ai prévu suivre des cahiers et manuels pour le français de mes enfants, contrairement à d’habitude où je partirais aussi dans des projets dans cette matière, j’aurai besoin de sortir de la routine pour explorer un peu plus dans le club de lecture.

J’ai tellement d’excitation à monter ces projets que j’ai toujours peur que les enfants ne s’y amusent pas. J’ai hâte de voir comment tout ça se déroulera.

 

Pour en revenir à notre école maison

Vacances, bébé, voyage, échographie,…

Et l’école maison dans tout ça?

On fait ce qu’on peut 😉

En septembre, ou peut-être octobre, selon notre énergie disponible, Elliot fera sa maternelle non-officielle, c’est-à-dire que je lui offrirai quelques activités dirigées chaque jour pour l’habituer à travailler avec nous. Oui ça sera un an d’avance, comme pour Lili (il aura 4 ans), mais sa motricité fine est très en avance et sa maturité intellectuelle est à point. Sa maturité émotionnelle, on repassera… mais comme il est à la maison, ça va passer très bien. Il est prêt et ça sera une bonne façon de lui donner de l’attention positive avec bébé qui va arriver.

Lili plongera dans sa 4e année avec facilité et bonheur. Son horaire ressemblera à s’y méprendre à celui de cette année. Trois matières de 45-60 minutes par jour (maths-français-autre), quatre jours par semaine. J’ajouterai possiblement un peu plus d’anglais, car je néglige ce côté puisqu’elle maîtrise déjà l’humour en anglais, c’est dire son niveau de compréhension.

Mathis est un élément plus difficile à cerner. En maths et en histoire, il arrivera en 3e secondaire, en sciences en 4e secondaire (eh oui il a très bien réussi son niveau 3e secondaire cette année).  En français et anglais, mmmhh 2e secondaire, mais il ne se force tellement pas que parfois il est difficile de croire qu’il est même de ce niveau. Je reviendrai éventuellement sur le matériel que j’utiliserai. Je dois encore prendre des décisions pour les langues. Je dois aussi prendre des décisions au cours de l’année pour l’obtention de ses unités pour DES. L’an prochain, il sera à la croisée des chemins à 14 ans.

Yann m’inquiète de plus en plus. Depuis plusieurs mois que j’ai l’impression qu’il n’apprend pas. Aucune nouvelle matière ne rentre dans sa tête. Enfin, en français, histoire, anglais et sciences, il sera en 3e secondaire. Eh oui pour les sciences, il doit reprendre son année (je vais utiliser un différent programme pour le garder motivé). Vraiment la matière de sciences de 3e secondaire était nettement trop difficile pour lui, mais il ne voulait rien savoir de rétrograder… En maths, il en sera à peaufiner sa 1re secondaire. Il passera en 2e secondaire en maths au cours de l’automne.

Lucie termine tranquillement de ramasser ses unités pour le DES. L’objectif est de terminer en décembre et d’entrer au Cégep en janvier. Comme sa concentration ne se donne qu’à partir de septembre, elle ferait une demie-session avec ses cours obligatoires et une autre demie-session en septembre 2018 avec ses cours de concentration. Ce sera plus relaxe pour elle et son anxiété de commencer par deux demies-sessions de Cégep. Mais la bonne nouvelle est que je n’ai aucune planification à faire pour elle. Et aucun achat immédiat. Les cahiers de l’éducation aux adultes s’achètent au moment du besoin. La mauvaise nouvelle est que les frais de scolarité du Cégep en janvier seront pas mal chers…

Voici un peu le portrait de ce qui m’attend à la prochaine rentrée scolaire. Le facteur nouveau bébé n’est pas tenu en compte ici 😉

 

La maladie de Coralie

Il est temps de montrer que ce blogue est international!

Une petite gamine de 6 ans, fille d’une collègue d’école maison, lutte présentement contre la leucémie. Elle est courageuse, bien sûre, comme toutes les petites gamines qui se battent ainsi. Mais elle a décidé d’aller plus loin. Elle a décidé de se battre aussi pour les autres qui suivront et qui souffriront tout comme elle.

Elle travaille main dans la main avec Leucan pour ramasser sans relâche des sous pour la recherche contre le cancer. Son dernier projet en date? Elle a écrit, du haut de ses 6 ans, un magnifique petit livre qui raconte son aventure dans le pays des hôpitaux à combattre le méchant mal qui la malmène.

Je vous encourage à acheter ce petit livre en format PDF, au coût minime de 5$ ou environ 3,54 euros (TOUS les revenus vont à Leucan), en suivant ce lien sur le blogue de sa maman. Le paiement par paypal est facile à faire, vous pouvez même ajouter un petit plus, 5$ c’est déjà pas cher. Assurez-vous seulement de choisir l’option Envoyer de l’argent à la famille ou un ami, car sinon la maman paiera des frais de gestion à Paypal.

Lien vers le blogue L’école des amours pour l’achat du livre La maladie de Coralie

L’histoire est certainement mignonne, mais surtout tellement accessible pour les enfants, car Coralie la raconte avec son langage de 6 ans. Les dessins sont expressifs mais jamais difficiles à regarder.

Puis tant qu’à faire l’école maison, après la lecture de ce livre, encouragez vos enfants à écrire une tranche de vie illustrée. Ainsi on réinvestit dans le positif! Je vous parie qu’ils n’oublieront pas Coralie de sitôt.

 

Est-ce que j’en fais assez?

Quelle question directement reliée à la culpabilité de maman!

On se pose cette question à partir du moment où on planifie vouloir un enfant. Est-ce le bon temps? La maison n’est pas payée. Mon emploi n’est pas assez stable. On est en couple que depuis 2 ans… En voulez-vous des raisons de culpabiliser? Juste réfléchir deux secondes et je vais vous trouver des millions de raisons qui pourraient me pousser à culpabiliser, juste aujourd’hui, là. La grossesse, l’accouchement, les coliques, les vaccins, la garderie, le portage, le cododo, la pâte à dents, la viande, les sorties le soir, le téléphone cellulaire…

Alors lorsque l’on coiffe le chapeau d’enseignante en plus ( même si on n’enseigne pas vraiment, on prend la responsabilité sur nos épaules qui est normalement donnée à l’enseignante), on ajoute à notre fardeau de culpabilité.

Est-ce que j’en fais assez?

En faisant le tour des blogues, vous voyez telle maman qui a toujours un super projet au four, tellement divertissant. Les enfants doivent tripper. Puis le second blogue parle du latin, tellement enrichissant. Le troisième blogue, la maman mise sur l’éducation classique, plus rigoureuse. Le quatrième, ce sont les narrations de Charlotte Mason qui viennent titiller notre lecture et mousser notre désir d’ajouter cela à notre horaire. Et on continue à lire, un blogue après l’autre. Plus on lit, plus on a l’impression qu’on n’en fera jamais assez parce qu’on ne fait pas tout ça.

Pourtant elles ne font pas tout ça elles non plus. Vous avez lu ces histoires sur 22 blogues différents. 22 familles différentes qui fonctionnent chacune à leur façon. Comment pourriez-vous rivaliser avec 22 mamans, vous seule chez vous?

Dans le fond, il faut revenir à l’essentiel. Pourquoi faisons-nous l’école maison? Pour faire mieux que le voisin? Pour que nos enfants deviennent les génies dont tout le monde parlera plus tard? Moi je fais l’école maison pour donner ce que je crois être le mieux pour le développement de mes enfants. Je veux par-dessus tout que mes enfants soient heureux dans la vie. Qu’ils aient la possibilité de faire des choix, selon leurs intérêts et capacités. Je réponds aux besoin précis de chacun de mes enfants, et même ici dans ma propre maison, mes enfants ne font pas tous la même chose de la même façon. Chacun aura son bagage unique, en fonction de ce qu’il aura assimilé.

On me demande si tel programme de maths est suffisant. C’est un programme complet utilisé à l’école en classe. La maman l’utilise avec le guide du maître, tous les reproductibles et le soutien numérique. Est-ce suffisant même si ce n’est pas le programme le plus enrichi? Est-ce suffisant même si l’enfant ne bâtit pas sa compréhension du monde mathématique avec le programme ultime des frères Lyons? Est-ce suffisant même si l’enfant ne suivra pas le programme des premiers de classe d’un pays à l’autre bout de la planète? Est-ce suffisant si ce programme est suivi par le quart des enfants dans les classes du Québec et qu’ils deviendront des médecins, ensignants, plombiers, infirmiers, informaticiens, ingénieurs, ouvriers, chefs d’équipe, chargés de projets… Euh… je crois que oui. Dans le fond, le programme n’y est pas pour beaucoup. La stimulation qui l’entoure fera toute la différence.

À quoi sert d’utiliser le programme le plus enrichi qui soit si notre enfant ne vit que des échecs à son contact?

Lorsque je présente le matériel que j’utiliserai pour mes enfants, je présente des options pas des «must follow». J’ai analysé la situation pour MON enfant et je crois que la meilleure solution pour lui est… Je dis pourquoi je refuse tel ou tel programme et pourquoi je choisis tel ou tel autre. J’exprime MES critères de façon détaillée espérant pouvoir vous donner un coup de main à établir VOS critères, analyser les besoins de VOS enfants et faire VOTRE choix en fonction de VOS conclusions.

Si la lecture des blogues et des pages facebook vous amène à vous comparer et vous rend insécure, après la lecture de cet article, je vous recommande de ne plus lire ces choses pour un certain temps.  Faites-vous confiance à trouver ce qu’il a de mieux pour votre enfant. Écoutez-le, observez-le. Je parie que vous y trouverez les meilleures pistes de réponses là et pas ailleurs.

Des rencontres au gré de la vie

L’école maison  s’est imposée dans ma vie parce que je cherchais une solution à l’impasse que mon fils vivait à l’école. Je répète que je connaissais pas du tout cette avenue au départ. J’ai toujours été très reconnaissante à la vie de m’avoir fait grandir dans cette direction. La proximité vécue en famille est un joyau que je chéris aujourd’hui. Je n’en reviens pas encore, 15 ans plus tard, de pouvoir voir mes enfants vieillir à mes côtés. C’est une chance inouïe.

De plus, en suivant ce chemin disons inhabituel, j’ai rencontré de nombreuses personnes. Des gens qui n’auraient pas croisé ma route autrement. Certains sont de passage, le temps de leur aventure, mais la plupart restent et certains marquent ma vie profondément.

Peu de familles faisaient l’école maison il y a 15 ans. Dans ma région, c’était même nul. Alors pour voir du monde, pour que mes enfants tissent des liens sociaux, je voyageais 3h30 (comptant l’aller et le retour) presque chaque semaine pour me joindre à des activités avec des familles d’une autre région. Je ne regrette pas du tout. Ce faisant, j’ai approfondi une relation avec une maman qui est demeurée très importante dans ma vie.

Nos enfants avaient les mêmes âges. Que de beaux projets nous avons réalisés. Quinze ans plus tard, elle est sur les derniers milles de son projet familial d’école maison. Et mon portrait de famille s’est modifié au point que je suis loin d’être en fin de parcours. Ce carrefour est important pour notre relation. Et pourtant nous n’y voyons pas du tout une fin. Nous en sommes à réinventer notre avenir ensemble.

C’est difficile de voir les familles de mes débuts quitter le milieu parce que les enfants sont rendus ailleurs. Mais je crée aussi de nouvelles relations avec des familles plus jeunes dont les enfants ont l’âge de mes plus jeunes. Avoir une famille étendue sur plus de 20 ans crée des défis de taille pour combler les besoins de chacun.

Encore une fois, des familles marqueront ma vie de façon indélébile. J’aime profondément ces liens. La vie avec une famille nombreuse, l’école maison, mes lubies d’animation et le reste représente une réalité encombrée. Les jeunes enfants qui continuent de s’immiscer dans ma vie m’empêchent d’acquérir une liberté d’action que plusieurs ont déjà acquise. Mais quand l’occasion d’une rencontre survient, on croque dedans à pleines dents, on fait des réserves et on se promet de recommencer.

La vie est pleine de belles surprises. De belles rencontres. Après c’est à nous de les faire fleurir. Même si les fleurs ne sortent qu’une fois par année. Quand le lien est solide et résistant, il aime malgré tout.

Évolution d’une aventure

L’école maison n’est pas statique. Elle est en perpétuel mouvement. D’une année à l’autre, les enfants vieillissent, franchissent des étapes. À l’école, un changement d’enseignante et de routine, la vie reprend son cours. Mais à la maison, nous sommes témoins de chaque changement, même minime, du parcours d’apprentissage de nos enfants. Notre aventure se module chaque année sur les nouveaux niveaux atteints.

Notre parcours a commencé en 2002. Je ne connaissais même pas cette option d’école maison avant de faire face à une situation sans issue dans le milieu scolaire avec mon Fiston 1. Quinze années d’évolution, de bouleversements. Pas une année qui se ressemble. Des défis majeurs ponctuent ce parcours. Je n’ai pas intitulé cet article Bilan d’une aventure, car mes plus jeunes ont encore bien des années devant eux. Et le portrait changera encore au cours des prochaines années.

Fiston 1 – 1996, Fillette 1 – 1997, Fillette 2 – 2000, Fiston 2 – 2001, Fiston 3 – 2004, Fillette 3 – 2008, Fiston 4 – 2013, Bébé 8 – 2017

2002: Fiston 1 revient à la maison après un début d’année houleux en maternelle à l’école du village. À partir de janvier, Fiston 2 arrive, Fiston 1 manquera de plus en plus souvent l’école, surtout les après-midis, parce qu’il vient dîner à la maison. En mars, le pas est fait.

Les rentrées scolaires seront à partir de maintenant des non-rentrées.

Rentrée scolaire 2002: Fiston 1 en 1re année et Fillette 1 en maternelle. Fillette 2 devient préscolaire et Fiston 2 est tout bébé.

Rentrée scolaire 2003: Fiston 1 en 2e année et Fillette 1 en 1re année. Fillette 2 est préscolaire active et Fiston 2 est un toddler épuisant.

Rentrée scolaire 2004: Fiston 1 peine à franchir les années. Fillette 1 stagne en fin de 1re année. Leur trouble d’attachement extrêmement sévère empêche l’apprentissage. Fillette 2 fait une maternelle heureuse et Fiston 2 ne débloque pas ses apprentissages. Fiston 3 est arrivé tout mimi.

Rentrée scolaire 2005: Fiston 1 n’atteint pas encore tout à fait la 3e année. Fillette 1, incapable de vivre en famille, est placée et entre à l’école en classe d’attachement 2e année. Fillette 2 apprend à lire et gobe tout ce qu’on lui apprend. Fiston 2 est toujours bloqué, commence sa médication pour réussir enfin à apprendre. Fiston 3 est craquant.

Rentrée scolaire 2006: Fiston 1 flottera en 3e année pour quelques années. Fillette 2 entame sa 1re année facile. Fiston 2 commence les apprentissages de maternelle dont l’alphabet. Fiston 3 devient un toddler très actif mais toujours souriant.

Rentrée scolaire 2007: Fiston 1 flotte toujours. Fillette 2 passe en 2e année en dansant. Fiston 2 ne connait toujours pas son alphabet. Fiston 3 est un préscolaire curieux, énergique, courseur de connaissances.

Rentrée scolaire 2008: Fiston 1 au moins ne coule pas et franchira le cap de la 4e année. Fillette 2 atteint la 3e année. Fiston 2 est un apprenant acharné qui vit des échecs. Fiston 3 a un 4 ans tellement essoufflant. Fillette 3 naît à l’automne.

Rentrée scolaire 2009: Fiston 1 nous quitte aussi. Il sera évalué de niveau fin de 2e secondaire malgré ses apprentissages qui stagnent, intégrera l’école en 1re secondaire. Fillette 2 est en 4e année. Je découvre enfin un nouveau niveau, c’est stimulant! Fiston 2 connaît enfin son alphabet et débloque en lecture. Fiston 3 ne fait pas de maternelle, il est une véritable éponge qui absorbe tout. Fillette 3 marche déjà et grimpe comme un petit singe.

Rentrée scolaire 2010: Fillette 2 s’amuse en 5e année sauf pour les maths, où elle traîne de la patte. Fiston 2 patauge dans les apprentissages de 2e et 3e année. Fiston 4 fait l’école de tout le monde en même temps, surtout en maths en science. Fillette 3 réalise ses premières présentations orales à 2 ans.

Rentrée scolaire 2011: Fillette 2 termine cette année son primaire, les maths traîneront derrière. Fiston 2 monte les échelons du primaire lentement mais sûrement. Fiston 3 brûle les étapes des premières années. Fillette 3 s’amuse avec les notions de maternelle.

Rentrée scolaire 2012: Fiston 1 ne finira jamais sa 4e secondaire et Fillette 1 ne finira jamais sa 3e secondaire. Beaucoup d’impuissance. Fillette 2 entre au secondaire toujours à la maison, les maths sont un an en retard. Fiston 2 monte à son rythme, mais grâce à l’école maison monte toujours. Fiston 3 rattrape Fiston 2 au grand désespoir de celui-ci. Fillette 3 déplace énormément d’air et s’intéresse à tout.

Rentrée scolaire 2013: Fillette 2 entame sa 2e secondaire et Fiston 2 achève son primaire sauf en maths. Fiston 3 travaille avec un programme différent de Fiston 2 pour éviter les comparaisons. Fillette 3 réussit son programme de maternelle et maîtrise maintenant la lecture. Fiston 4 arrive, agrandissant de nouveau notre belle famille.

Rentrée scolaire 2014: Fillette 2 fait sa 3e secondaire à la maison. Fiston 2 entre au secondaire sauf en maths. Fiston 3 passe au secondaire en science, termine son primaire en maths et suit le reste à son niveau. Fillette 3 finit le programme de 1re année en quelques mois, mais étend ses apprentissages à une mare de connaissances culturelles. Fiston 4 est un enfant très intense et exigeant.

Rentrée scolaire 2015: Fillette 2 passe en 4e secondaire à la maison et obtient son 16 ans en janvier. Fiston 2 passe en 2e secondaire sans réelle acquisition solide. Fiston 3 embarque dans l’aventure du secondaire en maths mais traine de la patte en français et anglais.  Fillette 3 est toujours aussi rapide en 2e année, alors on continue de ratisser large.  Fiston 4 encore en demande d’attention constante me garde jeune, bien que…

Rentrée scolaire 2016: Fillette 2 termine son secondaire à l’école aux adultes et Fiston 2 n’est pas passé en 3e secondaire, mais on y travaille. Fiston 3 s’étend sur trois niveaux du secondaire. Fillette 3 adopte les nouvelles matières du 2e cycle avec plaisir. Fiston 4 développe un talent incroyable en dessin et en motricité fine, il veut apprendre à lire. Je nourris, tout en faisant la sourde oreille.

Future rentrée scolaire 2017: De gros changements à l’horizon, encore. Voilà le lot de l’école maison avec une famille nombreuse. Le projet se renouvelle chaque fois. L’année qui vient verra Fillette 2 faire le saut au cégep, Fiston 2 avoir son 16 ans et commencer à travailler dans les cahiers aux adultes, Fiston 3 avancer avec confiance vers le deuxième cycle du secondaire, Fillette 3 finir son 2e cycle du primaire, Fiston 4 découvrir l’alphabet et les chiffres et Bébé 8 possiblement débarquer dans nos vies avec tambours et trompettes.  D’ailleurs cette naissance surprise allongera de plus belle la somme des rentrées scolaires encore à faire à la maison. Quel étrange changement de perspective!

 

 

 

Déchirements

Parfois la vie nous tord le coeur, sans grande conséquence ici, mais tout de même un grand boulversement intérieur.

Vendredi, mon mari m’apprend qu’il doit aller à Chicago une semaine pour une formation pour son travail. Sur le coup, je suis ébranlée. Une semaine sans lui, pour moi c’est une éternité. Je lui ai toujours dit qu’avec l’école maison, on peut le suivre dans ces voyages d’emploi, mais il n’aime pas imposer mon petit mari, il est plutôt du genre «low profile», ne pas exiger, ne pas chambarder l’ordre convenu. Alors devoir organiser, en marge de son voyage d’emploi, le voyage de sa famille, de devoir gérer le dérangement de chambre d’hotel, de l’avion…Très peu pour lui. Il s’en est toujours sorti sans devoir aller à l’étranger. Mais là son patron l’a inscrit à une formation à Chicago. Et miracle, avant même de m’en parler, il avait déjà averti son patron que… eh bien que la famille suivrait probablement.

Alors le choc de la nouvelle passée, j’accueille avec beaucoup d’incertitude le fait que possiblement on pourrait le suivre. Samedi, j’ai quelques heures de travail devant moi pendant que ma fille est au théâtre. C’est loin de la maison alors j’en profite pour travailler tranquille à la bibliothèque municipale dans le même bâtiment que les cours de théâtre. Peine perdue, aucun travail de planification d’activités se fait cette fois-ci. Je commence à regarder le trajet pour aller à Chicago, les possiblités d’hébergement, les activtiés touristiques… Je suis emballée, volubile, créative. Le voyage s’organise petit à petit dans ma tête. Nous partirons neuf jours sur lesquels mon mari n’aurait que trois jours de formation. De belles vacances en perspective. Nous agencerons ce voyage avec un arrêt au zoo de Toronto voir les pandas que ma fille nous réclame depuis un an. La longue fin de semaine nous permet de profiter plus longtemps des vacances. Et nous serons revenus juste à temps pour les générales de Lucie-Maud en théâtre. Le choc est réellement passé, l’excitation grandit à vitesse grand V. Nous ne sommes que dimanche après-midi et Lili a déjà répété au moins 100 fois qu’elle verra les pandas et Chicago au mois de mai.

Puis ce matin, je reçois le bulletin de l’AQED (l’Association québécoise pour l’éducation à domicile). Ils annoncent le congrès annuel, le symposium, auquel j’assiste religieusement depuis 15 ans. Le rendez-vous que je ne veux pas manquer. Le point de rencontre de toutes ces mamans (et ces quelques papas) que je connais sur internet comme de bonnes vieilles amies mais que je n’ai jamais vues en personne. Les ateliers  que je donne chaque année parce que les sujets me passionnent et que je veux partager cette passion. Cette année, pour le 20e anniversaire de l’association, le symposium se déroule exceptionnellement sur deux jours. Je continue de lire en diagonale, je cherche des yeux la date, je sais que c’est habituellement en mai. Je crains le pire. C’était une possibilité à laquelle, dans l’excitation soudaine de l’annonce du voyage, je n’avais pas pensé… Le symposium tombe la grande fin de semaine de mai et je vais le rater…

J’ai bien cherché à voir si des réaménagements étaient possibles pour les vacances, nous permettant de revenir trois jours plus tôt, mais, non. Cela apporterait des changements désagréables  au voyage. Bien sûr, il serait possible de laisser mon petit mari partir seul et de pouvoir aller au symposium, mais je réalise un rêve de pouvoir voyager avec ma gang en plein milieu de l’année scolaire pour découvrir on the spot un endroit que je n’aurais pas nécessairement choisi autrement. Un endroit surprise, une visite spontanée. Vraiment, il y a un déchirement profond. Un deuil sera à faire, mais je suis bien avec ma décision. Il faut juste digérer tranquillement le tout.

Ce sera dur les prochains mois, le symposium s’impose énormément dans ma vie au printemps. Je prépare les ateliers, je prépare ma bilbiothèque de l’école de rang, et les réseaux sociaux de mon entourage sont assaillis de messages de futures rencontres, du plaisir anticipé, de l’intérêt marqué. Soupir.

Personne n’est mort. C’est plutôt une perspective positive qui nous attend. Mais le deuil sera mordant.