Le travail des enfants

Nous avons regardé le film Iqbal, l’enfant qui n’avait pas peur. C’est un film en dessins animés sur le thème du travail des enfants dans certains pays. Ici, les enfants confectionnent des tapis.

Le film est très bon. Il est dur, sans créer de peurs. Il expose clairement la situation mais demeure positif, car l’action d’Iqbal va permettre de résoudre le problème. Mais non sans peine: manipulation par l’ignorance, corruption de l’autorité, maltraitance, plusieurs tentatives se buteront à la bêtise des adultes.

Une chance qu’il y a aussi l’imagination, la magie, l’émerveillement de l’enfance.

Nous avons regardé le film en famille. Il est toujours difficile de savoir quel impact ces films peuvent avoir sur nos enfants, surtout nos plus jeunes.

Elliot a écouté attentivement, sérieusement le film. Il a ri, froncé les sourcils, grimacé de douleur, avec le personnage principal. Son commentaire général, à la fin du film, est que c’est bien triste tout ça.

Mais aujourd’hui, sa grande soeur lui offrait une montre usagée NIKE reçue, car NIKE est reconnu avoir utilisé le travail des enfants, et elle ne souhaite pas porter ce logo. Elliot voudrait bien la montre, elle est spéciale, originale.  Il vient me voir et me demande de vérifier sur internet si NIKE a changé sa manière de fonctionner et n’emploie plus d’enfants dans ses usines. Il aimerait bien la montre, mais pas si ce sont des enfants qui l’ont fabriquée.

Il a 5 ans.

Je crois que le film l’a marqué plus fortement que je ne le croyais. Wow! J’en suis bien heureuse.

Maintenant je dois vérifier sur internet si NIKE est encore une compagnie fautive. Ça c’est moins évident.

Regardez ce film avec vos enfants, ils prendront conscience de leur chance et de la richesse de leur expérience de vie!

Atelier Et si j’étais…

Et si j'étais... Un des ateliers d’écriture que j’ai donné cet automne portait sur l’album jeunesse Et si j’étais… (d’un collectif d’auteurs). Livre poétique, les pages abordent toutes un thème différent à travers la formule Et si j’étais… Les textes utilisent des mots riches, doux, féériques. Les illustrations sont fabuleuses. On pourrait être porté à croire que c’est un livre plutôt féminin, le personnage récurrent étant une jeune fille et certains thèmes tombent dans le rose et le bonbon. Mais il y a autant de pages pour attirer les garçons lorsqu’on prend la peine de le lire en entier: écureuil, ville, petit bateau…

Exemples de pages:  

Nous avons commencé l’atelier par une lecture commune où chaque enfant a lu une page à haute voix. Nous  montrions l’illustration avant la lecture et après la lecture de la page. La première fois, on attirait l’attention par le dessin, la deuxième fois on pouvait mieux s’approprier l’image avec les éléments du texte entendu.

L’étape de travail suivante, les enfants ont mimé les mots-titres chacun leur tour afin de les faire découvrir aux autres. Le mot deviné, on accrochait l’image au mur.  Une fois toutes les images accrochées, les enfants en équipe pigeaient des mots tirés des textes (3 mots ou expressions par page, sauf MOI-MÊME qui en a deux) et discutaient de la page où ils se souvenaient avoir entendu ce mot. Au besoin, ils pouvaient consulter le livre qui était à leur disposition.  Voici le document image-mots avec toutes des images à colorier disponibles gratuitement sur internet et la banque de mots.  J’ai choisi les mots les plus représentatifs des pages. Un bon exercice de cartes mentales à la base de la situation d’écriture qui suivra.

Pour cette situation d’écriture, les enfants devaient écrire un titre: Et si j’étais… (quelque chose). Puis, toujours en équipe, ils devaient trouver des mots pour se construire une banque de mots en lien avec leur thème. Pourquoi en équipe? Parce que je voulais de l’entraide pour trouver des mots riches, des verbes variés. Alors ils ont donc travaillé ensemble sur la banque de mots de chacun.  Ensuite venait l’écriture du brouillon, la correction et la version finale avec dessin.

Voici un exemple de texte, enfant de 10 ans en 5e année.

J’ai donné à chaque enfant une petite case MOI-MÊME où ils devaient écrire Unique, Fantastique et deux autres adjectifs personnels les caractérisant.

J’en ai profité aussi pour travailler le conditionnel présent. Choisir quatre pages dont on retirait les verbes au conditionnel. Trouver l’infinitif de ces verbes. Observer les régularités (verbes en er, verbes en ir, verbes irréguliers…). Et finalement choisir quatre verbes (un de chacune des pages), en essayant de varier les verbes modèles, et en écrire les déclinaisons à toutes les personnes (je, tu, il, nous, vous, ils)

En réunissant toutes les productions écrites des enfants, nous avons pu créer notre propre livre Et si j’étais…

 

(J’ai manqué de temps pour prolonger l’activité. Je souhaitais en faire une activité d’éthique et culture religieuse sur la connaissance de soi et de l’autre. Je voulais que les enfants choisissent une des quatre pages possibles: Et si tu étais un métier, Et si tu étais un oiseau, Et si tu étais un objet, Et si tu étais un livre. Et qu’ils écrivent sur la page des autres ce qu’ils pensent que cette personne serait si elle était un oiseau, un métier, un livre ou un objet. Donc Pierre choisit la feuille Et si tu étais un oiseau. Les autres enfants viennent écrire sur la feuille de Pierre. «Pierre tu serais un aigle car tu as un bon sens de l’observation.» «Pierre tu serais un colibri car tu travailles très fort tout le temps.», etc. Oui rester dans le positif serait un impératif.)

 

 

Élections

Non, je ne vous parlerai pas des résultats de vos élections de lundi. Je vais vous parler des élections des jeunes qui avaient à se prononcer sur une question cruciale: Pourquoi penses-tu qu’il est important de voter?

Une initiative très intéressante et certainement pas désintéressée. Amenons les jeunes aux urnes, montrons-leur comment on fait et pourquoi on le fait. Expliquons-leur que c’est un devoir de voter car nous avons ici, au Canada, au Québec, cette chance de pouvoir voter en sécurité, de pouvoir choisir qui nous gouvernera pour 4 ans.

Les enfants de 3 à 18 ans pouvaient se prononcer sur la question. Ils devaient aller derrière un isoloir, cocher une case sur un bulletin de vote, déposer leur bulletin plié dans l’urne. Exactement le même processus que papa et maman.

Pour faire ce geste si important, ils recevaient un collant d’électeur en herbe et ensuite pour avoir inscrit leur vote, ils recevaient un tattoo « J’ai voté ».

Voici les résultats des votes des enfants dans ma circonscription. Résultat bien plus intéressant à discuter que le résultat des adultes…

À la prochaine élection, amenez vos enfants voter avec vous. Initiez-les à leur devoir de citoyen. C’est essentiel.

Ce faisant, vous ne pourrez pas vous soustraire à VOTRE devoir…

 

Éthique et culture religieuse à la maison

Je me fais souvent poser la question: Que fais-tu pour l’éthique et culture religieuse? Officiellement, je n’en fais pas. Mais dans la réalité, nous en faisons tous les jours.

Nous prenons tous nos repas en famille. De nombreuses discussions émergent de ces repas communs. Les enfants ont toujours des questions, qui vont de fil en aiguille couvrir un terrain bien plus large que la question de départ. Et les enfants ont chacun leurs questions, à leur mesure (de 3 à 17 ans), selon leurs intérêts (animaux, histoire, science, arts, sports…). Et oui il y a des sujets d’éthique dans tous ces domaines.

L’actualité s’écoute à la radio en auto en route pour les activités. Pistes pour de nombreuses discussions encore une fois. J’en ai un qui ne parle pas beaucoup, mais je sais qu’il écoute. Et quand il veut intervenir, il le fait. J’en ai d’autres qui parlent beaucoup mais qui n’écoutent pas suffisamment. Ça aussi ce sont des apprentissages importants à faire.

La vie apporte son lot de situations heureuses, malheureuses, fâchantes, révoltantes, attendrissantes… Aucun sujet n’est tabou, aucune route n’est pas à suivre. Parfois on pleure, souvent on rit. Et je sais que d’écouter mes enfants s’exprimer est le meilleur moyen de leur montrer qu’ils ont droit à la parole et à leur opinion.

Il se peut aussi que j’oriente certaines lectures vers des sujets dont j’aimerais discuter. Les lectures obligatoires, choisies en fonction des thèmes abordés, sont rarement innocentes. Souvent aucun travail n’est nécessaire après lecture, juste la réflexion sur la vie que la lecture apporte est suffisante. Puis quelques temps plus tard, on entend ressortir une question, une réflexion, un commentaire, une prise de position dans une discussion et on sait alors que la lecture a porté et a laissé des traces dans leur intérieur d’apprenant.

Parfois je crée des activités de groupe à partir de la littérature jeunesse. Cela permet d’ouvrir encore plus les horizons, prenant conscience que les autres familles peuvent penser différemment. Les perspectives deviennent alors très riches pour la suite des discussions en famille. Et cela permet aussi d’aborder des sujets qui ne seraient pas nécessairement venus naturellement.

Il est possible de faire des cahiers, d’utiliser des manuels. Certaines maisons d’édition ont mis sur le marché de beaux trésors scolaires pour traiter de différents sujets. Ces cahiers ont des discussions de classe et des projets de grande envergure dans leurs pages, parce que cette matière ne s’enseigne pas. Elle se découvre. Mais reste que ces cahiers, aussi bien réfléchis soient-ils, créent un carcan restreignant les voies possibles d’exploration.

C’est en observant autour de nous, en confrontant nos opinions, en s’informant aux bonnes sources (les enseignants sont-ils objectifs et connaissants sur tous les sujets éthiques?) qu’il est possible de développer la pensée critique de nos enfants. Ce que cette matière représente est de former nos enfants à être de bons citoyens. Est-ce que de suivre un plan de cours pensé par des enseignants en fonction d’amener les enfants tous vers des connaissances communes et, disons-le, une pensée assez uniforme, est la façon que l’on souhaite amener nos enfants à être de bons citoyens? En choisissant l’école maison, je crois bien que plusieurs répondront non à cette question. Et cela rejoint aussi aujourd’hui ce que le gouvernement veut imposer comme loi contrôlant l’école maison.

Résultats de recherche d'images pour « enseignant pensée unique »

L’éthique, la culture, la culture religieuse de surcroît, c’est dans l’expérience de la vie qu’on les travaille, qu’on se bâtit un intérieur à vivre en société. À moins de devoir passer les examens uniformes pour le diplôme, sortez des cahiers et explorez la vie sous toutes ses coutures. Alors votre «ECR» sera couverte entièrement, et vos enfants pourront devenir des êtres pensants.