«J’ai hâte à demain»

C’est ce que ma fille m’a dit ce matin en parlant de notre première journée d’école mardi.  «J’ai hâte de me remettre dans mes cahiers et de recommencer à apprendre des choses.» Ha! Étrange comment on pense que l’on peut juste apprendre à l’école. Même après toute sa vie en école maison, 10 ans entiers à apprendre, oui dans les livres et cahiers, mais tellement ailleurs aussi, elle croit qu’elle va recommencer à apprendre demain en sortant ses nouveaux cahiers.

Lorsque la fin de l’été arrive, les enfants tournent plus en rond durant la journée. ils ont fait le tour des idées. Ils n’ont pas de difficulté à jouer librement, ils ont beaucoup d’imagination, mais un peu de routine fait du bien.

Demain, donc, Mathis, Lili et Elliot s’assoiront aux côtés de Yann pour mettre le nez dans leurs cahiers 2019-2020… Après avoir reconduit Lucie au cégep, bien sûr.

Une petite semaine tranquille pour commencer. À la maison, pour bien installer les habitudes de travail.

Je recommence à travailler mercredi, les activités en duo ou de groupe reprennent la semaine prochaine. Une rentrée progressive n’est pas pour me déplaire.

Objectifs juin 2020:

  • inscrire Mathis au DEP en technique d’usinage
  • inscrire Yann au DEP en cuisine
  • Tourner la page sur le primaire de Lili
  • Écouter Elliot lire fluidement
  • Survivre à l’envahisseur Jessie

Et vous savez quoi? Je crois que c’est possible de les atteindre!

L’été c’est fait pour jouer! et créer!

Que font deux jeunes filles de presque onze ans lorsqu’elles passent du temps ensemble par un après-midi pluvieux d’été? Elles s’ennuient ? Pas du tout!  Elles créent.

Elles ont inventé un jeu de société sur les saisons. Il est bien fait et a semblé bien fonctionner. Elles ont passé une bonne heure à le créer et environ une demie-heure à y jouer.

 

Bien fière de ces filles qui savent s’occuper, créer et s’amuser!  Deux jours auparavant, elles avaient passé plusieurs heures dehors à jouer à un jeu inventé «on the spot». C’est beau de les voir aller!

Une dernière année…

Eh bien oui, ce sera une dernière année d’école maison pour mes garçons. Les deux visent un DEP l’an prochain (l’un en cuisine, l’autre en technique d’usinage) et travailleront cette année à aller chercher les cours nécessaires pour entrer dans ces programmes.

C’est donc une dernière année à avoir tout mon petit et grand monde à la maison.

L’an prochain, la plus vieille aura terminé son cégep, les gars entreront à l’école professionnelle, la suivante entamera son secondaire à la maison, l’avant-dernier terminera son premier cycle et la petite crevette sera déjà une préscolaire.

Une dernière année, donc, de brouhaha quotidien dans la maison: la routine, les sorties, les programmes d’étude, tout sera chambardé.

Comment on aborde une dernière année? Comment me préparer à n’avoir que 3 enfants en école maison?

L’année que l’on vient de terminer était déjà différente avec la plus vieille au cégep, le 2e en partie à l’école aux adultes.  Mais je réussissais tout de même à avoir mon monde autour de moi la plupart du temps.  Cette année-ci sera encore un pas de plus vers cette transition. Tellement d’énergie à réfléchir à des solutions pour arriver à nos fins. Mais, vous savez quoi?  on arrive toujours par trouver une solution, a twist of fate, diraient les chinois, et l’avenir se dessine, différemment de ce que l’on prévoyait, mais toujours de façon intrigante et somme toute satisfaisante pour notre famille.

Cette année, la préparation a diminué pour mes propres enfants, mais a augmenté pour les activités extérieures. Je suis donc complètement submergée comme d’habitude Hahaha!

La rentrée au cégep s’est faite aujourd’hui. Ma Lucie y retourne avec enthousiasme. Elle aura cinéma et théâtre cette session-ci, de quoi la rendre très heureuse. Elle fera son anglais à distance (ben oui retour à la maison !) car comme c’est un petit cégep, les choix de cours sont limités dans les horaires.

Yann continuera à faire beaucoup d’heures au travail et suivra son cours de français sec 5 aux adultes les vendredis matins comme son sec 4 réussi l’an dernier. Ses maths lui donnent du fil à retordre, il avance moins vite que prévu. C’est pourquoi il a décidé de faire plus d’heures au travail et d’avancer les maths un peu plus lentement. Il s’est trouvé un emploi en avril comme plongeur dans un casse-croûte indépendant local. Il est rapidement devenu cuisinier.  Comme il souhaite étudier en cuisine, cet emploi lui sert d’apprentissage en même temps. Lorsqu’il aura ses maths de sec 4 en poche il pourra aller faire son cours. Ce qui sera probablement plus en janvier 2021 qu’en septembre 2020.  Il a eu un moment de découragement, un peu de sentiment d’incapacité parce qu’il voudrait tellement que ça roule mieux dans sa tête. Mais avec l’argent qui rentre, ça met un baume. Il fera son chemin, il est un bon travaillant, il est sympathique et honnête. C’est vraiment beau de le voir entrer dans la vie adulte, bien que parfois ça fait mal au coeur de le voir tellement trimer dur.

Mathis poursuit son idée de faire son DEP en technique d’usinage. Il attaquera donc ses maths-français de sec4 cette année.  Pour ses maths, j’ai demandé à un ami de lui faire du tutorat toute l’année et il pourra passer son examen à un centre privé en juin 2020. J’aimerais lui trouver des coéquipiers de travail, pour baisser ma facture de tutorat que je ne pourrais couvrir seule et pour qu’il ait des jeunes avec lui dans l’aventure. En français, je compte l’inscrire à la commission scolaire Beauce-Etchemin en janvier pour finir sa 4e secondaire en juin. Le tout se fait de la maison, y compris les examens finaux. Il passera son examen d’anglais au début de l’été aux adultes. Cet examen unique lui donnera ses unités de tout son secondaire s’il est réussi. Il sera donc bien prêt en août prochain pour son cours de machiniste.

Lili aborde sa dernière année du primaire, déjà. Elle réussit toujours aussi bien et facilement, garde son année d’avance sur son âge sans difficulté. Mais pour moi cela la fait vieillir un peu plus vite. Elle a beaucoup changé dernièrement, autant physiquement que mentalement. Son corps et sa maturité suivent vraiment son avance intellectuelle. Mais nous avons un caractère bouillonnant de plus dans la maison, pas toujours facile.

Elliot, première année. Je n’ai rien planifié pour lui encore. Il sera de nouveau le laissé pour compte, soupir. Il faut que je m’oblige à prendre du temps pour lui. À Noël, il faudrait que la lecture soit acquise. Cet apprentissage coule moins avec lui qu’avec Lili. Sans comparer, je trouve ça triste car il voudrait vraiment manger les livres. Il le fait déjà par les images mais est tellement plus heureux lorsqu’il entend l’histoire des images.  Elliot est un rêveur, un créatif. Il a toujours une tonne de choses à raconter, en de très énormément nombreux détails. J’ai hâte de le voir s’épanouir.  Il a toujours une avance incroyable en dessin. un seul dessin raconte souvent tout un roman d’aventure… que l’on doit écouter jusqu’à la fin.

Et Jessie, que je tire tellement trop fort vers l’autonomie. Elle lutte constamment pour conserver ses privilèges de bébé: boire, boire et boire toujours, nuit et jour, jour et nuit.  Je voudrais parfois m’arrêter de tout le reste juste pour la savourer pleinement, profiter de son petit être jusqu’à plus soif. Mais la routine de la vie nous rattrape, je soupire, et je continue à avancer et à tirer vers le haut. J’espère qu’elle ne m’en voudra pas.

Une dernière année… avant le grand chambardement!

Et la socialisation?

Adolecteurs – Mollolecteurs – Minilecteurs (1 rencontre par mois)

Club de lecture avec discussion et plaisir de lire!

Univers social et Sciences 6e année (1 rencontre par semaine)

Ma fille fait ces matières en duo avec une amie

Ateliers du jeudi (2 rencontres par mois)

Activités variées mises sur pied et animées par un des parents du groupe

Anglais (1 rencontre aux trois semaines)

Activités variées en groupe pour favoriser l’écoute et l’interaction

Club nature (1 rencontre par mois)

Activités variées sur n’importe quel thème de sciences

Concerts des Jeunesses musicales du Canada (6 concerts dans l’année)

Concerts éducatifs variés auxquels on assiste en groupe

Centre Cognito-Fun (environ 3-4 rencontres par mois)

Activités variées sur toutes les matières à l’horaire

Local McMasterville (environ 1 rencontre par mois)

Activités variées surtout avec la littérature jeunesse

Club cinéma (1 fois par mois – ados)

Visionnement d’un film classique, discussion

Club littérature  (1 fois par mois – ados)

Lecture d’un grand classique, discussion et philosophie

Une année de projets d’art (4 rencontres par année)

Partage de projets mensuels et un grand vernissage annuel

Marché de Noël et Expo-Projets (2 rencontres par année)

Expérience de vente et de présentation avec visiteurs du public

Théâtre (environ 3 pièces pour ados par année)

Pièces de théâtre de qualité auxquelles on assiste en groupe

Sorties ponctuelles (environ 1 par mois)

Au gré de l’offre, on se permet de sortir en groupe

 

Ces activités prennent place dans l’agenda de mes enfants. Expérience de vie riche, plaisir de retrouver les amis régulièrement, contact multiples et divers avec la société.

Définition de socialisation (Larousse en ligne):

  • Processus par lequel l’enfant intériorise les divers éléments de la culture environnante (valeurs, normes, codes symboliques et règles de conduite) et s’intègre dans la vie sociale.

 

Maintenant lâchez-moi avec la socialisation.

Construzoo

Pour la deuxième année consécutive, Lili a choisi comme activité estivale de passer une semaine au camp de jour du Zoo de Granby. Puisqu’elle était au 3e cycle du primaire cette année, elle a pu faire un dodo au zoo et vivre le zoo la nuit comme nous l’avions fait en famille lorsqu’elle était petite et qu’elle n’avait pas pu venir avec nous.  Elle a beaucoup aimé et a pu y retrouver des amies de l’an dernier.

Le thème de cette semaine était Construzoo.  Les jeunes ont eu à vivre de nombreuses activités où ils gagnaient des légos pour construire, en équipe, un enclos à un animal du zoo. Mardi soir, leur enclos était terminé. le lendemain matin, après la nuit au zoo, les blocs blancs, qui représentaient de la neige (mais les jeunes ne le savaient pas), avaient fondu. Ils ont dû recommencer à gagner d’autres blocs pour rebâtir leur enclos. Alors que ma fille a réagi très fort à cette surprise, moi j’ai trouvé cela très drôle lorsqu’elle me l’a conté.

Ils devaient se trouver un nom de groupe. Ma fille a proposé les Zoovriers (pour le Construzoo), mais les jeunes ont trouvé ça trop banal. Ils se sont donc nommés les «Jean-Paul-Paul-Jean-Lama», aucune idée d’où c’est sorti!  Ma fille et sa copine ont construit un enclos pour les tigres. Le zoo de légos était déjà bien défait, malheureusement, lors de notre arrivée.

Le lendemain matin, après la semaine éreintante de camp, Lili, encore en pyjama, s’est lancée sur la construction d’un zoo à la maison avec ses légos et avec Elliot et Jessie.

Démarré en projet d’envergure, la fatigue a eu raison de la grande réalisation. Le zoo s’est terminé en rangées de mini-enclos, et l’énergie a déserté.

Elle a déjà hâte au camp de l’an prochain!

Rencontres Adolecteurs

L’année des adolecteurs s’est terminée en beauté encore une fois.  Après 6 rencontres d’après-midi durant l’année, à la bibliothèque municipale de Saint-Hyacinthe, rencontres où nos ados ont jasé de leurs lectures, et d’autres choses; après le vote qui a consacré Simon Boulerice gagnant 2019 du prix adolecteurs pour un roman québécois avec Le dernier qui sort éteint la lumière; après une année de lecture de 8 romans, 4 québécois et 4 étrangers; nous avons reçu une belle invitation à nous joindre aux élèves du collège Sainte-Marcelline (l’enseignante fondatrice des adolecteurs y enseigne) pour y rencontrer en personne l’auteur récipiendaire du prix.

Comble du bonheur, notre petit groupe d’école maison a pu passer 45 minutes en tête à tête avec Simon Boulerice. Ce fut très agréable. Il parle beaucoup, alors les jeunes ont posé peu de questions. Mais il a été généreux de détails croustillants et de stepettes tordantes. Les enfants ont adoré, ont remercié à répétition l’organisatrice et ont même reçu des romans donnés par les éditeurs. Il y en avait un par famille. Vraiment nous avons été choyés.

Pendant les rencontres des adolecteurs, les plus jeunes des familles, ceux qui ne sont pas encore ados, ont pu profiter d’un groupe de lecture à leur niveau (9-12 ans ou 4-8 ans)  Nouveaux de cette année, ces deux groupes ont été aussi appréciés.  J’ai déjà parlé de la sélection des plus jeunes dans un autre billet. La sélection des moyens, nommés Mollolecteurs, était celle-ci:

Celui qui a remporté notre prix maison Mollolecteurs est (roulements de tambour): La curieuse histoire d’un chat moribond. Je vous en conseille grandement la lecture, pour vous et pour vos enfants de 8 ans et plus. C’est facile à lire, hilarant et ça se poursuit avec un second tome.  Tout est réuni pour une super lecture!

Notre aventure se poursuit en 2019-2020, avec une toute nouvelle sélection adolecteurs, de nouvelles rencontres à la bibliothèque et les deux groupes plus jeunes de lecteurs en herbe.  Vous voulez vous joindre à nous?  C’est une rencontre par mois de septembre à avril (sauf décembre).  Faites-moi signe!

Mon fils, ce spécialiste

Vous arrive-t-il parfois de penser que vous avez failli face à votre enfant?

Elliot m’avait demandé, l’an dernier, de lui apprendre à lire. Nous avions commencé Enquête au village des sons. C’était assez ardu, donc nous n’en faisions pas trop souvent pour ne pas l’écoeurer, il avait 4 ans après tout. Avec le temps, nous sommes tout de même passés au livre deux avec un peu plus de facilité. Mais depuis le  milieu de l’hiver, complètement dépassée par tous les taxis familiaux à faire et les activités à préparer, j’avais délaissé le cahier.

Apprendre à lire à un enfant demande du temps. Ça demande de s’asseoir à ses côtés et d’être patient. Il est plus facile alors, lorsque nous sommes débordés, de donner du travail autonome aux plus vieux et de laisser jouer les plus jeunes. Et les jours ont passé, les semaines, puis les mois…

Mais lui n’avait pas oublié qu’il voulait apprendre à lire, et il s’est mis à essayer de lire plein de choses.  À écrire, aussi, de nombreux mots, titres, onomatopées, sur ses dessins. En observant le mot FIN écrit à la fin des films, il s’est mis à l’écrire à la fin de ses histoires. Il a réclamé qu’on lui épelle des mots, fréquemment.

Nous sommes revenus au cahier la semaine dernière. Il avait fait un bon de géant. Oui, sans avoir touché à ce cahier pendant des mois, son cerveau a mûri, a fait des liens. Et maintenant, il est meilleur, nettement meilleur. Par lui-même. Par sa détermination.  Il ne lit pas encore vraiment. Il lui manque de nombreux sons. Mais la mécanique est là. Il l’a saisie. Je crois que nous sommes sur la bonne voie. Non, IL est sur la bonne voie, car moi je l’ai un peu laissé tomber. Je m’en veux de ne pas avoir nourri plus son désir de lire.

Il a tellement hâte de dévorer les livres comme ses frères et soeur plus vieux. Il «lit» déjà beaucoup, de façon très attentive. J’ai hâte de le voir redécouvrir toutes ses lectures en les lisant vraiment cette fois-ci.

Je me sens coupable de l’avoir abandonné. Moi qui ai toujours voulu une grosse famille, je trouve difficile finalement de donner sa juste part d’attention à chacun. Les roulements de la maison et de l’école maison sont tellement prenants… Il ne gardera pas de séquelles de cet «abandon», je le sais. Il se développera très bien et sa lecture aussi. Mais quand même…

Elliot est un spécialiste des mots. Au baseball de son frère l’autre soir, il a commencé un jeu. Il s’est installé à 40 pieds de moi, il voulait écrire un mot. Il est venu me voir en courant. «Maman, tu vas me dire les lettres d’un mot et je vais les écrire dans le sable là-bas.» «D’accord» (on ne peut pas être contre ça, n’est-ce pas? 😉 ) Il se mit à réfléchir à son mot. Je m’attendais à un mot d’un garçon de 5 ans: maison, chien, ou même baseball aurait été thématique. Non, il a voulu écrire SPÉCIALISTE. Allez donc savoir pourquoi, il ne le savait pas lui-même, mais c’était le mot qu’l voulait écrire. (D’ailleurs Elliot utilise souvent des mots complexes, mais toujours dans les bons contextes.) Je lui ai donc épelé le mot, et à chaque lettre, il partait à courir, écrivait la lettre et revenait me voir pour la suivante. Après avoir terminé son mot, il a ajouté Elliot au-dessus (il faisait trop noir pour la photo).

Il était Elliot, le spécialiste. ❤