Tout n’est que question de date

Hier, c’était une grande journée. Daniel et moi fêtions 30 ans d’amour. Pas que je ne sois très vieille, j’étais plutôt très jeune lors de notre rencontre. J’ai passé deux fois plus de temps avec lui que sans lui. Quand même toute une route.

Nous avions prévu un petit resto en amoureux hier soir. Pas grand chose, car le budget d’une famille de nombreux enfants ne permet pas de folie. Un petit casse-croûte que nous désirions essayer depuis un certain temps, juste pour nous évader quelques minutes de la tourmente familiale.

Cette petite escapade était prévue depuis quelques semaines, Daniel avait pris congé aujourd’hui lundi pour que notre fin de semaine de fête se prolonge un peu avant que la routine ne reprenne sa place.

Mais une invitée sournoise est venue changer nos plans.

Tout ça a commencé au retour de notre activité familiale donnée par le Père Noël.  En effet, ici le Père Noël donne un cadeau familial chaque année. Les enfants se consultent pour demander une idée commune. Parfois des traîneaux, parfois une machine à popcorn, l’an passé le Zoo de Granby, cette année une sortie au Domaine de la forêt perdue pour du patinage sur les sentiers glacés.

C’était la journée idéale. Une température douce et sans précipitations. La route fut belle, et le patinage encore plus. Bien que je considère que le plein air avec un bébé ce n’est jamais idéal, nous avons eu la possibilité de patiner suffisamment pour que ça vaille la peine. Nous avons quitté peu après le coucher de soleil tout orangé.

Au retour, à 20 minutes de la maison, Jessie a vomi dans son banc d’auto. Je ne sais pas si vous savez à quel point c’est stressant d’entendre un bébé s’étouffer dans son vomi parce que harnachée serrée. Enfin nous avons pu compléter la route jusqu’à la maison et pu tout nettoyer une fois rendus. Mais c’était annonciateur de bien pire.

Elle a été malade comme ça toute la soirée. Puis, dans la nuit, ce fut le tour de Daniel et dimanche en après-midi… ce fut moi.

Nous étions le 24 février, à l’heure où un petit souper au restaurant avait été prévu pour fêter une date qui ne reviendra jamais. Nous étions affalés dans le divan, complètement paf, à grignoter des biscuits soda et à boire, à petites gorgées, du jus de pomme ou du jus d’orange, coupé avec de l’eau.

L’occasion est passée. Fêter cette date la semaine prochaine n’aura plus le même impact. Et pourtant. Ce n’est qu’une date après tout. Elle représente 30 ans de vie commune. 30 ans de vie côte à côte, de combats et de réjouissances quotidiens, de complicité et d’amour. Souligner cette date une semaine plus tard ne devrait pas causer problème. Et pourtant.

Dans notre vie d’humain, les dates portent une grande importance. Elles ponctuent la vie de souvenirs, d’étapes, de raisons de se réjouir. Mais elles ne sont que ça, des traces du passé. Fêter l’amour devrait pouvoir se faire tous les jours, sans égard à la date. J’essaie de me convaincre là, vous voyez? J’essaie de me dire que ce n’est pas si grave. On n’y pouvait rien de toute façon, c’était impossible de faire autrement, alors aussi bien trouver des arguments pour se convaincre, passer par-dessus ma déception. Ce n’est après tout qu’une simple question de quelques jours sur une trentaine d’années.

Le 24 février 2019, date de rappel du premier baiser (je ne vous dirai pas où, j’étais dans l’illégalité…), le 24 février 2019, donc, n’a jamais existé. La journée est disparue dans les abîmes de la fosse septique. Avec les années qui sont passées, la seule chose que je peux faire est d’avoir la sagesse d’accepter les choses que je ne peux changer.

On se reprendra chéri. En attendant, on refait nos forces en ce lundi de congé, pour reprendre la routine dès demain matin, 4h15, à la sonnerie du réveil.

Une nouvelle tradition?

Lili a reçu pour Noël un casse-tête de 1000 morceaux de dauphins. Elle n’est pas la plus friande de casse-tête, mais a décidé de se lancer dans l’aventure. Puis nous avons décidé en famille de tous nous y mettre pour qu’il soit terminé avant le retour à la routine de janvier.

Plusieurs aspects représentaient des défis:

  • Qu’on veuille le déplacer du salon à la salle à manger;
  • Que Jessie enlève un morceau à chaque trois morceaux que l’on plaçait;
  • Que la luminosité du salon, à l’heure du soir où on était disponible à travailler sur le casse-tête, soit déficiente;
  • Que le contour soit irrégulier;

 

Bref, plusieurs bâtons dans les roues.

Mais ce fut un défi RELEVÉ!!!

Il a été terminé samedi le 5 janvier au matin.

Nous en ferons probablement une tradition en famille pour le temps des fêtes. Mon défi pour l’année? Trouver un casse-tête de 1000 morceaux qui saura nous rallier tous.

Sur les traces de sa soeur

Je vous ai déjà parlé des histoires d’Elliot, il y a deux ans. Et déjà ses dessins étaient exceptionnellement développés pour son âge. Là, à 5 ans à peine, il commence sa première bande dessinée.  Ce petit suit les traces de sa grande soeur. Et sa motricité fine est vraiment incroyable. J’ai un peu hâte qu’il sorte de sa phase gros monstres, mais il faut bien avouer que ces gros monstres ou ces immenses dragons (selon les histoires) sont détaillés et impressionnants. Il affectionne aussi le monochrome et souvent le monochrome rouge.

Il a bien de la difficulté à jouer seul pendant les heures d’école des grands. Et pas question de jouer avec sa petite soeur, c’est pas intéressant. Mais lorsqu’il a une bonne journée où il décide de partir sur un projet, ses réalisations sont vraiment déstabilisantes.

J’ai hâte à la suite de cette BD.

Rire avec Google translate

Les enfants ont voulu savoir comment leurs prénoms se prononçaient en différentes langues. Comment c’est venu sur le sujet? Je ne m’en rappelle plus. Mais le bonheur de les voir rire ensemble comme ça était grandissime! Les occasions sont plus rares maintenant que ma grande est au cégep et que les autres ne partagent plus autant d’activités communes de les voir être bien ensemble. Ils ont chacun leurs intérêts, chacun leurs occupations.

Même la petite s’est mise à rire de voir les autres rire, à taper des 0 frénétiquement et de les entendre prononcer en japonais..

L’hilarité générale lorsque le nom d’Elliot prononcé dans une langue d’Europe de l’Est (je ne sais pas laquelle je n’étais pas très attentive aux détails de leur jeu) a donné «El chiottes»

Décidément des minutes et des minutes de grand plaisir.

Le jet privé de Jessie-Anne

Après le permis de conduire une auto, voilà qu’elle vient d’obtenir son permis de conduire un avion!

Mathis promène sa petite soeur dans une caisse à lait ou une panier de lavage en la faisant voler dans les airs. Jessie ADORE ça, vraiment. Elle a droit à sa petite «ride» quotidienne, qui libère les bras de maman pour quelques minutes.

Pour alléger le fardeau (et disons-le s’amuser un peu), le grand frère a pris une boîte de carton et a bâti un avion sur mesure, en améliorant même certains détails après la promenade d’initiation. Et la petite soeur reste patiemment assise pendant les opérations (ce qu’on voit rarement de la part de mademoiselle).

Je crois que le sourire ne trompe pas.

Publication avec permission spéciale du grand frère.

Comment fêter sa fin de secondaire en ÉAD

(ÉAD : École à domicile)

Ma grande est rendue au cégep. Elle va bien à l’école, réussit et trouve sa voie tranquillement.

Elle a fait toute sa scolarité, avant cégep, à la maison. Elle n’a mis le pied à l’école aux adultes que pour les examens. Qu’elle a d’ailleurs bien réussis.

Lorsqu’elle était à la maison, pendant son secondaire, elle a hésité un peu en 2e et 3e secondaire , à savoir si elle retournerait à l’école pour finir son diplôme. Elle s’est sérieusement posé la question. Pourquoi? Parce qu’elle voulait un bal des finissants.

Ses études à la maison, ses activités en groupe de soutien, ses sorties éducatives, ses temps libres abondants, tout ça la ravissait de l’école à la maison. Mais manquer l’étape cruciale du passage à l’âge adulte par le bal des finissants, ça la chicotait.

Ma fille est une artiste. Elle s’habille à sa façon, pense à sa façon et agit à sa façon.  Je la voyais mal suivre les conventions tellement collet-monté de la robe à flafla, la limo, l’avant et l’après-bal…

Je lui ai proposé de trouver une façon bien à elle de fêter sa fin de secondaire. Elle a aimé l’idée. Finalement, c’est moi qui ai trouvé l’idée qui deviendra son choix: aller coucher à l’hôtel du Château Frontenac à Québec. Se récompenser en vivant le grand luxe pour une nuit.

Elle aurait souhaité, au départ, y aller avec des amis d’école maison qui vivaient la même fin qu’elle, mais ce sont ses cousines qui l’ont accompagnée, dont une qui était en fin de secondaire aussi. Cela l’a comblée de joie. Elles ont eu bien du plaisir, à ce qu’il paraît. J’aurais aimé être un petit oiseau pour voir ça.  Après 18 ans passés auprès d’elle tous les jours de sa vie, ne pas prendre part à cette petite fête était un peu difficile. Mais nous lui avons fait un souper de félicitations. Et avons regardé ses photos tout en écoutant ses commentaires divertissants sur cette fin d’aventure bien particulière.

Nous avons payé la chambre d’hôtel (probablement l’équivalent de ce que nous aurait coûté un bal des finissants standard), et elle s’est payé le reste du trip.

Je crois qu’il est important de répondre à certains besoins, même en école maison. Ma fille ressentait le besoin de souligner ce passage, nous l’avons fait.  Il y a plusieurs façons de la faire, au moins autant qu’il y a d’aventures d’école maison.  Nous avons trouvé notre formule, et Lucie-Maud en gardera un souvenir impérissable, tout comme d’autres autour d’elle sont retournés à l’école et garderont un souvenir de leur bal standard. Elle aura ainsi bouclé la boucle de l’école maison.  Petits pincements au coeur pour maman, mais pincements remplis de fierté.

Des parents chanceux

J’ai rencontré une femme un jour. Dans un bureau, sous supervision de la DPJ. Et elle t’a donnée à moi. Elle t’a mise dans mes bras en disant: «Va voir ta mère». C’était le plus beau cadeau jamais reçu. (LM)

J’ai reçu un garçon un jour et le combat pour te garder dura près de 3 ans. Finalement, tu as été bien protégé . Tu étais un cadeau inestimable. (YS)

J’ai eu la chance d’allaiter un bébé adopté, car la travailleuse sociale avait confiance en nous et t’a donné à nous en cadeau de l’adoption régulière, sans même qu’on y soit inscrits. Un véritable cadeau inattendu. (MA)

J’ai porté une fille à terme après avoir fait tellement de fausses-couches. Tu étais un miracle dans notre tourmente. Un cadeau si important pour notre famille. (LO)

J’ai pleuré un oeuf clair, alors que ton coeur battait bien fort en moi. Tu étais le bébé de la dernière chance. Nous avons eu peur de l’avoir ratée. Tu as été dorloté comme un dernier cadeau. (EN)

J’ai bercé une petite crevette, dedans comme dehors. Il y a maintenant un an que tu es bien là, incroyablement belle, espiègle et pleine de caractère. Tout un cadeau-surprise! (JA)

 

Il faut parfois s’arrêter, dans le tourbillon de la vie, et contempler la chance que l’on a d’être des parents.  Chacun de ces enfants fait de moi une meilleure personne, jour après jour.  Sans eux, et sans mon magnifique compagnon-parent, ma vie serait vide de sens. Je suis comblée de cadeaux.