Le cycle de la vie, le cycle de l’inquiétude

Apprendre à être parent est une avenue cahoteuse et exigeante. Il n’y a pas de mode d’emploi, même si de nombreux auteurs ont voulu nous faire croire le contraire. Nous apprenons donc au jour le jour, à travers bons coups et échecs. Un nouvel enfant, et c’est souvent tout à recommencer; les méthodes qui fonctionnaient avec le premier ne donnant rien de bon avec le second.

Voilà la game que nous acceptons de jouer lorsque nous devenons parents. Je m’y attendais, et même si parfois la game semble trop difficile et que le désir de tout laisser tomber pour un temps est présent, on se relève les manches et on continue, parce que c’est ça la game, tout simplement. On choisit d’avoir des enfants, on doit donc choisir à répétition de continuer sans baisser les bras pour la vie entière.

Mais il y a une chose dont je ne soupçonnais pas l’ampleur. Une chose, qui se multiplie avec les années et avec le nombre d’enfants: l’inquiétude.

Je savais que l’on s’inquiète pour nos enfants, mais pas que ça pouvait devenir presqu’une obsession.

J’ai toujours affirmé que la venue d’un enfant tenait purement et simplement du miracle de la vie. Des simples petites cellules qui se forment par méïose chez l’homme et chez la femme, qui se rencontrent, qui se développent et qui débarquent dans la vie, à l’enfant qui grandit et qui devient un adulte qui a une vie complexe à son tour, les raisons de s’inquiéter se multiplient à une une vitesse folle.  Tellement de choses peuvent déraper.

On tente de tomber enceinte, on pleure le retour des menstruations. On tombe enceinte, on a peur à une fausse-couche. À l’échographie, on craint une malformation. À l’accouchement, les scénarios d’horreur pleuvent. Ensuite on a un beau bébé, dit mené à terme.  Mené à terme… on devrait être pleinement heureux, on a réussi, c’est terminé et on a réussi…

Mais non, là commencent les inquiétudes pour le syndrome de mort subite et les fièvres, puis après les premiers pas, les blessures se pointent de plus en plus nombreuses. Mais si ce n’était que ça, on vivrait bien. Mais il y a toutes les histoires sur les réseaux sociaux qui racontent des cancers, maladies rares, maladies génétiques, ces maladies qui touchent les enfants, et ces enfants qui en meurent… Puis il y a le téléjournal qui apportent les mauvaises nouvelles d’accidents routiers ou d’incendies, et ces enfants qui en meurent…Et si c’était le mien?

Quand finalement les enfants deviennent des adultes, à 18 ans, on peut souffler, on a réussi. Ils sont maintenant responsables de leur bonheur.  Mais diable on s’inquiète encore. Vont-ils être acceptés au CEGEP? Est-ce que ce copain est une bonne influence? Je vois ma fille travailler si fort pour finir à temps pour entrer au CEGEP en janvier et possiblement ne pas réussir et mon ventre se tord. C’est pourtant rendu SA vie, et elle qui la gère.

Ne vous inquiétez pas, je ne suis pas devenue parano au point de ne plus sortir de chez moi et d’empêcher mes enfants de vivre. Mais parfois ça m’empêche de dormir, les scénarios se bousculent dans ma tête.  Je me prépare à des événements, je ferais ça, et ça, je corrige le tir, pense à une autre façon plus efficace, de parer aux coups durs de la vie. Comment peut-on continuer à vivre lorsque le pire arrive?

 

Et nos enfants nous donneront des enfants qui multiplieront le taux d’inquiétude…

 

Là où le vide a commencé

Mes 4 derniers articles datent du 25 octobre. J’avais publié 4 articles le même jour question de reprendre un peu le retard parce que j’étais trop occupée par bébé. Mais ce fut mes 4 derniers articles de l’automne. Ce soir-là, nous avons reçu un téléphone difficile, mon père venait de décéder.

Gérer les émotions reliées à une naissance et à une mort en même temps bouleverse le quotidien.  Et quand ça brasse en dedans, ça épuise. Surtout lorsque le sommeil est coupé par les réveils de la petite.

De plus, je ne sais plus si j’en avais parlé, mais mon mari s’est cassé le pied 2 semaines après la naissance de crevette. Il est resté 6 semaines à ne pas pouvoir mettre de poids sur son pied après son opération où on lui a posé 4 vis. Un repos d’un mois après la césarienne? Je n’ai pas connu ça. Ça a été remplacé par le double du travail. Une fois le délai de 6 semaines dépassé, tranquillement mon mari a pu regagner de la mobilité, avec l’aide de 2 rendez-vous par semaine chez le physiothérapeute. Demain, il se fait retirer les vis.

Le soir du salon funéraire pour mon papa, nous avons eu un accident avec notre gros Sprinter. Nous avons roulé sur un gros objet de métal échappé du camion de marchandises qui nous précédait. C’était le premier soir de l’année où le froid a décidé de sévir. 4 heures dans le camion à -15, camion au diesel qui ne développe pas de chaleur, 4 heures donc à attendre pour la BONNE dépanneuse (mon camion a un toit surélevé et est allongé) L’assurance n’a pas voulu réparer pour qu’il puisse rouler. Nous avons donc dû acheter un nouveau camion. Dépense non prévue.

Mais nous avons réussi à fêter Noël en même temps que tout le monde, le coeur gros car le 25 décembre, cela faisait deux mois pile que papa était parti et que son absence était tellement palpable. La vie continue, le cycle de la vie aussi. Ma petite Jessie a maintenant 3½ mois. Et notre nouveau camion a eu son nom: OLAF (vous l’aurez deviné, il est blanc! Je lui cherche d’ailleurs une carotte 😉 )

De petites inquiétudes, de petits événements se sont aussi ajoutés à tout ce brouhaha. J’espère que 2018 saura apporter du baume sur nos blessures et des conclusions rapides et heureuses à ces inquiétudes.

Je vous souhaite à tous que 2018 remplisse votre vie de petites et de grandes joies. Je vous remercie d’être là à me lire et à me soutenir.

Le prénom de son grand-père en héritage, Jessie-Anne Claude l’aura au moins rencontré à quelques reprises en 6 semaines.

Déjà 6 semaines

17 ans séparent ma belle grande fille de sa minuscule soeur. Et déjà 6 semaines qu’elle est parmi nous. Elle a tellement grossi et grandi par rapport à cette photo de son arrivée à la maison.

Mais cette fois-ci, aucune douleur à la voir grandir. Aucun regret que ça aille si vite. Elle me permet de faire un deuil totalement assumé des petits bébés de ma vie. Je suis bien à l’aise avec le fait que le prochain sera mon petit-fils ou ma petite-fille.

C’est dur une grossesse à 44 ans, mais je crois que les nuits à se réveiller aux 45 minutes sont encore plus difficiles. Hier elle a fait 3h30 de dodo en ligne. Je l’ai savouré.  Vivement qu’elle ait un an et qu’elle court partout!

 

Précipitation

Tout est derrière maintenant: les craintes, l’inconnu, les risques.

Notre crevette a déjà 6 jours.

Mercredi le 6 septembre, je commençais déjà à voir mes lectures de glycémie se dérégler. Samedi le 9, nous avons fait une petite visite à l’hôpital pour qu’ils constatent la situation et pensent à un plan de match. Ils n’ont pas pris la situation vraiment au sérieux, mais m’ont demandé de revenir le lundi.

Lundi le 11 septembre, visite à l’hôpital. Monitoring du bébé qui va toujours très bien. Constat que les doses d’insuline nécessaires ont diminué de plus de la moitié. Il est temps d’agir. Je rentre à l’hôpital le soir-même pour une piqure de stimulant pour les poumons de crevette, la césarienne est devancée d’une semaine. Le lendemain, deuxième dose de stimulant. La césarienne est fixée à mercredi matin tôt. Deux jours à l’hôpital sans bébé, c’est long…..

Mercredi, première sur la table d’opération. 8h25: ce qui sera finalement mon plus petit bébé fait son entrée dans le monde. Tout se passe tellement bien que petite crevette vient se coller peau à peau avec moi le temps de finir l’intervention chirurgicale. Elle peut même se permettre de boire en salle de réveil. Elle prend le sein facilement, goulument.

Les infirmières sont fermes cette fois-ci, je suis découragée de devoir garder la sonde urinaire et le soluté pour la nuit. Mais je me lève en soirée et marche un peu. Je suis vraiment heureuse de constater que je me remets aussi facilement pour elle que pour les autres.

Jeudi matin, le médecin m’annonce une super nouvelle: je pourrai sortir vendredi matin, je ne resterai pas là toute la fin de semaine. Je suis soulagée. En après-midi, la pédiatre passe voir crevette et elle va si bien qu’elle lui donne son congé. Il n’en faut pas plus pour demander à mon médecin si moi aussi je peux devancer mon départ. Eh bien jeudi en fin d’après-midi, 32 heures après sa venue au monde, elle fait sa sortie dans le vrai monde, nous quittons pour la maison, nous allons faire une surprise aux enfants qui ne nous attendent pas avant le lendemain. Moi je suis vraiment la plus heureuse de toutes, les contraintes de la vie à l’hôpital me sont difficilement endurables. Retrouver ma liberté, reprendre mon contrôle, quel bonheur!

Dimanche, nous sommes allés chez mes parents, rendre visite à mon papa, sorti lui aussi de l’hôpital cette semaine. Nous en avons profité pour fêter Elliot et Yann qui partageront désormais leur mois de fête avec leur petite soeur. Cette sortie fut un peu fatigante mais bien nécessaire et appréciée. J’avais hâte de voir mes parents et de leur présenter leur nouvelle petite fille, leur 10e petit-enfant.

La vie reprend enfin son cours. Plus de rendez-vous à répétition. On se lève le matin avec comme seul bonheur faire notre petit train de vie avec une nouvelle membre à bord. Hier, une première marche sur le rang au pas de tortue. Aujourd’hui, une première couche de peinture aux murs de la chambre d’Elliot. Eh oui, ces travaux ont pris du retard à cause de la précipitation des événements.

Pendant que j’écris ces lignes, elle est couchée à mes côtés, elle gigote activement. Alors qu’il me semble parfois ressentir encore un coup de pied dans mon ventre, alors que je prends tranquillement conscience que cette grossesse est bel et bien terminée, je savoure la lumière dans ses yeux, son attention à tout ce qui l’entoure, son tonus incroyable. Elle a choisi de s’accrocher, c’est une battante!

 

Livre d’enfant sur le cancer

Allez de ce pas sur le blogue d’une formidable maman qui a une fille non moins formidable qui a écrit un livre sur son expérience avec le cancer. Encouragez-les et supportez la cause par le fait-même en vous procurant le livre à si bas prix!  Profitez-en pour faire un don, donnez un léger supplément pour le livre, ça ne paraitra pas sur la facture mais à la gang ça paraitra sur le futur de millier d’enfants.

Blogue L’école des amours – Livre La maladie

Allez! Que faites-vous encore ici à lire? Une cause vous attend!

Les chambres musicales

Dimanche dernier, nous avons enfin joué aux chambres musicales avec les enfants.

Lucie-Maud a pu descendre dans sa chambre au sous-sol. Il reste la décoration finale (store, tablettes, fausse poutre…) mais elle est très bien installée. Sa chambre ressemble enfin à une chambre de presque adulte et elle a une belle table à dessin pour pouvoir travailler à l’aise. La pièce, bien qu’elle soit au sous-sol, est lumineuse. L’éclairage est suffisant pour y travailler ses oeuvres. J’ai hâte qu’elle y mette sa touche personnelle.

Lili-Océanie a pu obtenir une vraie chambre. Elle a tant de place enfin, j’espère qu’elle ne la remplira pas de peccadilles comme sa dernière. Elle a besoin d’une étagère murale pour ses livres, d’un tapis, et on doit faire la peinture mais ça sera après la naissance de sa soeur. Elle avait demandé de peindre sur les murs des dessins sur le thème de My Little Pony. Comme elle vieillit et que l’on ne veut pas recommencer sa chambre dans un an (pour l’instant elle nie qu’elle va un jour passer à autre chose, mais nous on le sait…), nous avons commandé des collants muraux qu’elle pourra facilement enlever lorsqu’elle prendra son tournant fatidique 😉

Elliot-Nicolas obtient donc l’anti-chambre de notre chambre. Cela se trouve à être une chambre devenue couloir par l’agrandissement de la maison il y a plusieurs décennies. C’est la grosseur des petites chambres de vieilles maisons, avec plafond en pente, comme les autres chambres aussi, mais elle sert de passage pour aller dans notre chambre, la chambre principale. Cela lui permet de ne pas trop être dépaysé, il reste près de nous, mais n’est plus dans notre chambre. À 4 ans, il était fin prêt. Il aura une chambre à décor de forêt. Il est venu me voir en me disant qu’il voulait peindre les murs en brun foncé parce que «la forêt, maman, c’est sombre»… Comme il n’y a pas de fenêtre, j’ai essayé de lui faire accepter un beige pâle, teinte douce du même papier d’échantillon de couleurs que son brun. C’est notre projet des trois prochaines semaines, avant l’arrivée de bébé: finir complètement sa chambre et lui installer son lit de grand. Présentement il dort encore dans la bassinette transformée en lit junior. Mais elle servira à sa soeur d’ici peu.

Petite crevette (vous saurez son nom en temps et lieux 😉 ) dormira dans notre chambre, dans un lit de co-dodo, comme Elliot a fait. J’ai installé sa commode et son étagère (les anciennes de Lucie-Maud). Je dois acheter un tapis car le plancher est glacial et les courants d’air incessants dans notre chambre en hiver. Et j’ai trouvé quelques petits éléments de décoration. Mais comme notre chambre n’a jamais été finie ni bichonnée depuis 19 ans, nous ne ferons pas de peinture, ni de vraie décoration avant un bon bout de temps. Les enfants passent toujours avant nous depuis le tout début…

Yann-Salomon et Mathis-Alexis gardent leurs chambres respectives. Yann a besoin que la décoration sur le thème du hockey soit terminée, nous devrons éventuellement y mettre du temps. Cela traine depuis si longtemps. Nous avons trouvé un système de garde-robe style vestiaire (chambre de hockey) et il faudra bien l’installer. Et finir son mur – bande de patinoire.

Mathis a encore sur ses murs et meubles ses décorations de quand il était petit – « CARS ». Je lui ai demandé s’il ne serait pas pertinent de les enlever, il ne veut rien savoir. Du haut de ses 13 ans, je croyais que… Mais lui, du haut de son «autisme» m’a répondu: «Maman, cela a toujours été là, cela doit rester là.» De même que son gros bac de jouets avec lesquels il ne joue plus depuis un bon 5 ans… Donc aucun changement ne sera fait dans la chambre de Mathis.

Mon père a décidé d’offrir aux enfants un superbe cadeau. Chacun peut s’acheter un élément pour sa chambre, quelque chose de durable, d’important, qui leur fera penser à lui chaque fois qu’ils le verront ou l’utiliseront. Ils en sont à la réflexion: que choisir? Choix de cet objet et photos des chambres lorsque la ronde des changements sera terminée.