Mollolecteurs 2019-2020

Les jeunes de 8 à 11 ans se sont rencontrés une fois par mois pour discuter de leurs lectures et faire des activités reliées à ces lectures.

Les capacités de chacun en lecture varient et cette année les 8 ans se joignaient au groupe, j’ai donc diversifié l’offre de lecture en incorporant des albums pour plus vieux, des albums qui peuvent apporter une belle réflexion en groupe.

Nous avons commencé l’année scolaire avec Comme un poisson dans l’arbre, de Lynda Mullaly Hunt.  Cette histoire raconte les difficultés vécues par une jeune dyslexique qui a toujours caché son jeu à tous et qui est finalement démasquée par son nouvel enseignant.  Le livre est disponible en format lecture normal ou adapté pour dyslexiques en offrant un texte plus aéré et plus gros. Avec deux-trois jeunes dyslexiques dans le groupe, je trouvais que c’était une lecture fort à propos.  Pour ma part, j’ai trouvé bien intéressant de voir comment ça se passe dans la tête d’une personne dyslexique lorsqu’elle lit.  Un des jeunes du groupe est venu me voir après l’activité reliée à ce livre et m’a confié avoir beaucoup apprécié lire le livre et s’être reconnu profondément dans le personnage principal et ses difficultés.  Son commentaire m’a beaucoup touchée.

Comme activités de groupe, j’ai premièrement partagé deux affiches que nous avons pris le temps d’analyser.

Ensuite nous avons fait deux petits jeux:

  • j’avais apporté 6 boîtes-mystères de formes et formats variés, contenant chacune un objet à découvrir selon le son, le poids, le déplacement, etc.  Les jeunes, en équipe de 3 ou 4, ont essayé de deviner chaque contenu et puis on a ouvert les boîtes pour constater. Cette activité était tirée du roman.
  • nous avons joué au jeu de Kim, où il faut observer les différents objets, ensuite les cacher sous une couverture, en enlever un ou deux, soulever la couverture pour observer et déterminer quel(s) objet(s) a(ont) été enlevé(s).

Enfin, lors de cette rencontre, j’ai expliqué la théorie de Ford Madox, écrivain et éditeur, qui explique que pour savoir si un livre va nous plaire, on lit la p.99 du livre. Si elle réussit à piquer notre curiosité sur les détails du roman à découvrir, on devrait avoir le goût de lire le livre.  Nous avons fait l’expérience avec le livre lu et c’était probant.  Puis nous avons essayé avec le prochain livre à lire et c’était très intriguant.  Alors tous ont mordu.

D’ailleurs ce prochain livre était Le grand livre de l’horreur,  tome1: Dracula.  Je ne suis pas une fan d’histoire d’horreur, mais visiter les grands classiques me plaisait.  Le suspense est bien maintenu et  les descriptions assez fidèles au roman classique.  Plusieurs des jeunes ont lu les autres tomes de la série (Frankenstein, Jurassic Park, Dr Jekyll et Mr Hyde, Sherlock Homes).  Pour ma part, je me suis procuré le tome 2, mais les autres sont sur ma très longue liste.

Lors de la rencontre, autour de l’Halloween, vous l’aurez compris, nous avons exploré les détails du roman qui exacerbent le sentiment de peur à la lecture.  La couverture, remplie d’indices, les illustrations, la pagination, le vocabulaire choisi… Autant d’outils permettant au livre d’être efficace.

Nous avons fait une liste de personnages de peur connus.  J’ai demandé aux jeunes de choisir un de ces personnages pour un sixième tome et d’en créer une page couverture, avec tous les détails.  Ensuite, en devoir pour une unique fois, je leur ai demandé de choisir un personnage de peur à la maison et d’en faire un dessin et trois questions pour fabriquer un jeu de Professeur Caboche sur les personnages effrayants.  Cette partie de l’activité ne fut pas un grand succès. Un peu plus de la moitié des enfants ont participé.  J’ai relancé sans succès. Je ferai donc le jeu avec les quelques documents reçus.

La troisième rencontre comportait deux livres, car j’avais choisi des albums au lieu d’un roman.  Ils ont lu: Le livre où la poule meurt à la fin (François Blais) et Le pire livre du monde (Élise Gravel).

Pour le premier, nous avons fait une discussion:

  • Pour quelle chose avez-vous beaucoup de difficulté à vous retenir d’acheter?
  • Faire deviner aux autres une chose que vous avez achetée et que vous n’avez jamais utilisée.
  • Comment fonctionne le crédit?  Quel est donc le stratagème de la poule?
  • «Il faut être stupide pour donner une carte de crédit à une poule.» Que veut critiquer ce commentaire?
  • Pouvez-vous commenter la chute?
  • Vous pensez quoi de ce livre? Sérieux? Drôle?

Pour le deuxième, nous avons fait de petite activités écrites:

  • Trouver les fautes
  • Trouver les caractéristiques du livre (2 livres en 1, cynisme des petits monstres, ennuyant/drôle)
  • Réécrire le paragraphe des «super» en trouvant des mots diversifiés et plus précis
  • Chercher dans le dictionnaire les mots savants. Existent-ils?
  • Pourquoi 1850?
  • Onomatopées
  • Diversité démontrée par les personnages dans la foule
  • Discuter des clichés

Le roman suivant fut Jefferson de Jean-Claude Mourlevat.  Comme il est un peu plus long à lire, je l’ai mis au retour des fêtes après une pause de 2 mois.  Ce roman fut bien apprécié, je crois. Je n’ai pas encore reçu tous les résultats du vote, mais je prédis que ça sera le grand gagnant des romans.

À cette rencontre, nous avons travaillé les personnages.  Ceux-ci sont très typés dans le roman.  Après une courte discussion sur les personnages du roman et l’intrigue, les jeunes se sont placés en équipe de deux.  Chaque équipe s’est vu distribuer une fiche de huit personnages.

Pendant une 15aine de minutes, ils devaient écrire les caractéristiques qu’ils donneraient à ces personnages.  Pas caractériser leur physique, mais bien ce que les personnages leur donnent comme impression (confiance, peur, ridicule…). Nous en avons profité pour parler de la première impression.  Je leur ai demandé sur quoi ils se basaient pour pouvoir ainsi décrire le personnage, nous avons discuté de superficialité, de désignation des genres («ça c’est un gars c’est sûr, regarde ce qu’il porte, les couleurs…»).  Nous avons continué la discussion en petites équipes de deux en remplissant les fiches questions.  Une belle réflexion sur l’importance d’aller vers les gens, d’apprendre à les connaître avant de se faire une idée, de ne pas écouter les ragots portés par les autres, mais bien de se faire une idée par de vrais contacts. Un détour sur les préjugés, les standards de société. Une belle maturité des plus vieux du groupe.

Le roman suivant, Une sale affaire de dentifrice (Alexandre Côté-Fournier) semble avoir plu sans plus.  Je leur ai demandé si les illustrations (fausses publicités) venaient aider l’appréciation et il semblerait que pas vraiment. Nous avons exploré le fait que ça se passe en 2097.  Je leur ai demandé si les indices du livre nous permettaient de croire à l’action dans le futur.  J’ai attiré leur attention sur les subterfuges de l’auteur pour nous permettre d’être en 2097 mais sans être obligé de trop inventer le futur.

Ils ont eu à choisir l’invention la plus intéressante du livre. Puis ils ont terminé avec un dessin d’une publicité pour une invention de leur cru de 2097, son utilité, son nom, un slogan…  Un genre d’infopub.

Les autres rencontres n’ont malheureusement pas eu lieu. Eh oui le confinement nous a empêchés de vivre de belles rencontres à discuter d’albums très inspirants.  J’ai quand même posté des activités réflexives à faire, mais facultatives bien sûr.

Les albums étaient Comment j’ai raté ma vie de Bertrand Santini et Bertrand Gatignol, Le singe de Davide Cali et Giancula Foli, Moi j’attends… de Davide Cali et Serge Block.  Si vous avez la chance de mettre la main sur un de ces trois albums, PARTICULIÈREMENT Moi j’attends… Ils sont vraiment magnifiques.  Moi j’attends… est très touchant. Je crois que c’est le plus bel album que j’aie lu de toute ma vie.

L’exploitation du premier album a été prise sur J’enseigne avec la littérature jeunesse. Voici les pistes proposées.

Voici aussi les feuilles de votes envoyées par courriel.

Témoin du confinement, le travail de ma fille de 11 ans comme illustration de son attente… (Pete the Cat Club par l’auteur qu’on écoute presque tous les jours sur Instagram et l’ennui grandiose de ses amis)

«Moi j’attends… de parler à ceux que j’aime en chair et en os.»

The Water Hole

Cet album jeunesse… une merveille…

The Water Hole par Graeme Base.

Il raconte l’histoire d’une petite étendue d’eau où de nombreux animaux viennent s’abreuver.  1 rhino, 2 tigres, 3 toucans, et ainsi de suite jusqu’à 10 kangourous. Mais comme les animaux sont de plus en plus nombreux, l’eau se vide tranquillement jusqu’à sec. Les animaux partent. Mais la pluie remplit le trou de nouveau et les animaux reviennent.

Les exploitations possibles sont innombrables. Vraiment. Ce simple livre est d’une telle richesse!

Premièrement, le trou d’eau est réellement un trou dans les pages du livres et on voit sa grosseur diminuer au fil du temps.

Deuxièmement, le compte jusqu’à dix et les noms des animaux. Les animaux illustrés à chaque double page correspondent en nombre au chiffre énoncé. (Apprendre la différence entre tortoise et turtle: plusieurs enfants connaissent le mot turtle pour tortue en anglais mais peu savent que les tortues terrestres se nomment plutôt tortoises).

Troisièmement, le verbe d’action qui varie sur le thème d’agir avec l’eau: lapping, sipping, floundering…

Quatrièmement, le son que fait l’animal dans son interaction avec l’eau (avec traduction bien personnelle et humoristique de l’auteur: «Hey, get your hoof out of my hear!»).

Cinquièmement, les illustrations minutieuses, colorées, cachant de très nombreux trésors. Ces illustrations, qu’il faut observer avec grande attention, et qui nous apportent de nouvelles découvertes à chaque relecture. (Avez-vous vu l’effraie des clochers, le pic, l’écureuil…)

Sixièmement, tout ce qu’on peut en tirer comme notion environnementale, car l’eau qui tombe, est la même que l’on boit depuis toujours. L’illustration de la pluie qui tombe et dont les flaques d’eau au sol forment les continents du monde…

Chaque petit détail n’est pas là par hasard.  Les enfants s’arrachaient pratiquement le livre pour tout observer.

Même le travail scolaire pendant la lecture a été fait avec bonheur.  (Écrire le nombre d’animaux de chaque sorte en chiffre à côté du bon nom d’animal.  Pour repérer l’animal, le dictionnaire illustré sur le côté droit de la feuille leur permettait d’être autonomes pour trouver le bon nom écrit, même pour les cocos qui ne savaient pas lire. (le mot Tiger n’est pas écrit, car nous venions de travailler le thème du tigre, et ils savaient donc comment écrire ce mot)

Nous avons terminé la rencontre avec la confection de notre Water Hole et le modelage de nos animaux. En devoir, ils devaient peindre leurs animaux modelés. Nous avons pris la photo à la rencontre suivante en parlant de notre animal, disant comment il buvait au trou d’eau.

Pendant cette deuxième rencontre sur le sujet, nous avons joué à un jeu avec un casse-tête qui représente un «water hole». Derrière chaque morceau il y avait une lettre (A à E) et un nombre (10 à 13 – on avait déjà beaucoup travaillé les nombres de 1 à 10). Il y avait deux dés, un avec les lettres et la sixième face une lettre au choix, un avec les nombres et la 5e face on retire un morceau du casse-tête et la 6e face on choisit le nombre à prendre. Une fois le casse-tête réalisé, on peut en observer les animaux et leur nombre.

J’ai adoré cette exploitation.

Pete and Larry

Le dernier thème d’anglais est parti d’un livre que j’avais acheté lors de notre voyage à Chicago: Larry Gets Lost in Chicago. C’est l’histoire d’un petit garçon et de son chien qui visitent une ville, et le chien se perd. Il fait le tour de la ville nous permettant de visiter plein de lieux touristiques de cette ville et retrouve son maître à la toute fin. Il est disponible en toute une variété de destinations géographiques et même historiques depuis peu.

L’histoire a donc été racontée à une première rencontre de groupe. Les enfants du groupe de 9-12 ans ont ensuite modelé Pete et Larry en pâte Model Magic.

En devoir, ils devaient peindre leurs personnages modelés et fabriquer une maquette de trois lieux touristiques d’une ville qu’ils choisissaient. On devait y retrouver au moins une rue et plusieurs cachettes pour y cacher l’enfant et le chien. La maquette ne devait pas être à l’échelle et ne devait pas représenter le quartier réel des lieux touristiques choisis. Seuls trois des enfants du groupe de six ont réalisé leur maquette, mais ce fut une réussite pour la suite.  Leurs maquettes m’ont grandement impressionnée.

Ma fille a choisi Ottawa.

Parliament Hill, Bytown Museum, Rideau Canal and the theatre, a street

Une autre a choisi Venise.

Et enfin, une troisième a choisi Québec.

Lors de la deuxième rencontre, les filles devaient aussi présenter leur maquette en parlant un peu plus en détails des trois lieux touristiques sélectionnés. Les présentations étaient bien préparées et ont été très bien rendues. C’était intéressant à écouter et à voir les lieux qu’elles ont préférés.

Le groupe des plus jeunes (5-8 ans) avait aussi une lecture de Pete et Larry, mais dans le format cartonné. L’enfant et le chien parcourent les lieux touristiques d’une ville mais ensemble. Le texte est simple: «Larry loves …lieu en question…». Le livre que j’avais entre les mains était Larry Loves Seattle. Donc par exemple, lorsque qu’ils passent devant le stade de football de la ville, on lit: « Larry loves football» et ainsi de suite.  Les jeunes devaient choisir eux aussi une ville et trois lieux touristiques de cette ville, et faire un livre à la manière de l’auteur.

Nous avons eu quatre livrets: Mexico, Longueuil, Toronto et New York. Encore une fois, un résultat impressionnant. Les enfants avaient fait leurs recherches (avec soutien du parent), et les livres étaient fidèles à l’original tout en étant uniques.

Lors de la deuxième rencontre, j’ai ajouté à la présentation des maquettes, la lecture de Lucy in the City. L’histoire d’une petite ratonne qui perd ses parents dans la ville. Elle retrouvera son chemin grâce à l’aide du hibou qui, du haut des airs, lui donne des indications routières.  Un beau livre sur l’orientation spatiale.

J’ai imprimé la carte en grand format, et les enfants ont fait faire des déplacements à la figurine de raton laveur sur la grande surface de jeu en suivant les consignes inscrites sur de petites cartes à piger.  En devoir, ils doivent créer un chemin à parcourir par la ratonne et inscrire les consignes qu’ils liront à un enfant à la prochaine rencontre de groupe pour que celui-ci promène le raton selon les consignes de son camarade.

Comme autre activité, j’ai créé des cartes à tâches à utiliser avec des «chalk blocks» (blocs à craie). Chacune des filles a pigé une carte à tâche et devait s’exécuter à l’aide des blocs noirs et des craies de couleur. «Bâtir une cabane d’oiseau sur laquelle dessiner un trou en rond et des fleurs jaunes pour décorer.» Bien évidemment les consignes étaient en anglais. Ce jeu a été très très apprécié des enfants.

Un devoir supplémentaire en lien avec ce thème pour les plus petits: indiquer 5 choses bizarres dans l’image City Sillies de la revue Ladybug (Cricket Media), september 2018.

Enfin, pour clôturer l’activité sur les villes et faire le lien avec le prochain thème sur les océans, j’ai lu à la gang Larry Gets Lost Under the Sea. À la prochaine rencontre, nous quitterons doucement le monde de Larry pour investir celui des océans.

Je t’aime gros comme…

Je ressors des boules à mites et remets au goût du jour une activité créée pour ma fille en 2015 alors qu’elle était en première année. Je lui avais fait faire autour de la St-Valentin, car c’est à partir du livre Je t’aime gros comme … de Alain M. Bergeron et Marie-Claude Demers.

La lecture du livre est sur une structure répétitive, donc facile pour l’enfant de «lire» le texte après quelques pages (de le réciter par coeur 😉 ). La maman souhaite bonne nuit à son enfant qui, elle, veut retenir sa maman le plus longtemps possible. Elle lui dit donc qu’elle l’aime gros comme… et elle nomme des choses qui s’accumulent au fil des pages. Là où l’exploitation est intéressante en première année est que les choses nommées sont en ordre alphabétique.

J’aime que les mots choisis ne commencent pas nécessairement par le son de la lettre de base, mais par la lettre comme telle. Donc cela attire l’attention sur certains sons complexes (a – au, c-ch, e-é).  J’aime aussi le petit abécédaire de la fin du livre et le cherche-et-trouve de la dernière page. Enfin j’aime beaucoup les illustrations très colorées, pleines d’amour et de câlins.

J’aime moins la page du i, où le mot choisi est indien, et on y voit un tipi avec un indien à plume de mon enfance. Je trouve cette image dépassée, inadéquate. Mais mes enfants vont la rétablir d’eux-mêmes.

Utilisant l’avant-dernière page, celle où tous les mots de l’alphabet sont listés, j’ai concocté quelques petites activités de niveau première année.

Repérer les mots manquants et les écrire en observant les lettres du texte et ce, malgré les nombreuses calligraphies différentes.

exploitation 2_texte troué

Découper les noms et les classer masculin ou féminin, avec l’aide des déterminants présents, sauf pour un qui a un l’ et qu’il faudra chercher au dictio.

exploitation 3_masculin-féminin

Colorier la lettre initiale des mots et les découper pour les placer en ordre alphabétique simple, première lettre à considérer seulement.

exploitation 4_ordre alphabétique

À l’origine, j’avais fait ces exercices vitement avec liquide correcteur et photocopies.  Je voulais publier, mais j’attendais de remodeler les activités de façon à être facilement imprimables.  Je n’ai jamais pris le temps par la suite. Mon garçon est en première année, et je voulais lui donner cette activité en février. Je me suis donc mise au travail. J’espère que ça pourra vous être utile à vous aussi.

Une dernière activité est de créer son propre abécédaire Je t’aime gros comme… L’enfant choisit ses mots commençant par les lettres de l’alphabet et dessine les dessins correspondants. Il peut ainsi se faire un livre à la manière de l’auteur et le lire avant de se coucher.

Un petit coup d’oeil aux feuilles originales réalisées par ma fille il y a 5 ans.

La tour de Babel

C’est un récit biblique. Nous ne sommes pas religieux. Mais connaître ses classiques, surtout quand ils sont devenus par la suite des expressions utilisées sans contexte religieux, ça peut être grandement utile.

Donc qu’est-ce qu’une tour de Babel? C’est ce que nous avons tenté de voir avec cet atelier un certain mardi après-midi de décembre.

Pour commencer, je devais lire l’album ci-contre.  Commandé cet été, il n’est jamais arrivé à la maison. Comme mon automne a été particulièrement chargé en activités variées, je ne m’en suis jamais rendu compte.  La fin novembre s’est pointée, j’ai regardé ce que j’avais à planifier… oups il me manque le livre. J’ai demandé un remboursement à la compagnie, que j’ai obtenu rapidement. Mais je n’avais toujours pas le livre. C’est dommage car les illustrations sont magnifiques. Je l’avais emprunté à ma bibliothèque municipale, mais celle-ci était fermée pour rénovations…

J’ai donc fait sans.  Après une courte mise en contexte, nous avons visionné cette vidéo en dessins animés, pour raconter l’histoire biblique.

Puis une seconde vidéo nous en apprenait plus sur la signification hors contexte religieux d’une tour de Babel.

Pendant l’écoute, ils pouvaient dessiner. Parfois cela leur permet d’être moins grouillants.  Voici les dessins mis à leur disposition

La deuxième partie de l’activité portait sur des jeux où les jeunes devaient communiquer pour réussir. Écoute et expression.

Pyramide de verres

Tour de Jenga

En travail de coopération, ils doivent empiler les verres en pyramide (tour). Ils tiennent chacun une corde attachée à l’anneau central qui lui a un crochet. Les verres ont des anneaux.

Le coéquipier aveugle est guidé verbalement par le deuxième coéquipier, exécutant comme une grue l’empilade de bloc Jenga l’un par-dessus l’autre sans que la tour ne tombe.

Enfin en troisième partie d’atelier, je leur ai demandé de rebâtir une tour de Babel, de réécrire l’histoire, mais en n’ayant pas comme objectif un nouveau dieu pour détourner leur attention du Dieu unique, mais bien en ayant comme objectif la vie sur notre belle planète, en harmonie et en attention environnementale. Donc chacun devait écrire sur des briques pour rebâtir la tour de Babel mais avec comme but à vénérer notre Terre Mère si importante.

J’aurais aimé avoir des messages d’intérêt différents (sociaux, environnementaux, politique à la limite, le tout vivre ensemble…) mais ils n’ont retenu que le côté environnemental de l’exercice. Ce n’est pas très grave. J’aime bien l’effet.  D’une équipe à l’autre les thèmes reviennent, c’est pourquoi on peut voir plusieurs briques avec les mêmes préoccupations. (dois-je préciser que les messages n’ont pas été corrigés, le but de l’exercice n’étant pas là…)

Un tour guidé du Canada

Je vous ai déjà dit que ma fille faisait les matières de sciences et d’univers social avec une copine depuis plusieurs années. Cette année, la maman de cette copine et moi avons décidé de sortir des cahiers et d’essayer autre chose. Pendant quelques années, nous avons utilisé Bizz en sciences. Il nous a plu au 2e cycle, mais en 5e année, on a commencé à le trouver ennuyant. Nos filles savaient déjà presque toutes les notions et, même si un besoin de mettre des mots scientifiques sur les notions était présent, ça devenait lourd de ne faire que ça.  Les expériences n’étaient plus à la hauteur de nos attentes.  Pour l’univers social, nous avons utilisé Panache au 2e cycle, et les filles ont bien aimé.  Mais en 5e année, Escales les a ennuyées royalement. On les a perdues, même si j’avais essayé de bonifier le programme.

J’avais pris l’abonnement de géographie de The Great Canadian Adventure l’an passé. En anglais, nous travaillions le thème du Canada, qui n’a pas pu être exploité à sa pleine valeur pour plusieurs raisons.  Dans les revues de l’abonnement, il y a des sciences et des expériences, de la géographie et un peu de cuisine. La compagnie fait aussi des documents d’histoire, ce qui permettait un programme complet. J’ai donc proposé à l’autre maman d’utiliser ça comme base pour faire notre année.

Bien que nos filles soient bilingues, j’ai voulu utiliser la version française des documents d’histoire. Malheureusement leur rythme de traduction est très lent. Présentement, seulement 2 provinces sont traduites. La traduction est correcte sans plus. Certains passages gagneraient à être reformulés pour être naturels. On sent parfois la traduction très fortement. Mais sinon les filles adorent travailler avec ce programme. Elles vivent des situations d’apprentissage variées, et c’est plus motivant.

Nous sommes donc passées au travers de Terre-Neuve/Labrador et avons presque terminé Nouvelle-Écosse. Mais aucune autre province n’a été traduite en histoire. Nous sommes donc un peu en attente de la suite.

D’autres resources viennent compléter les leçons, entre autres:

Avec plusieurs petites vidéos de Youtube données en lien sur le site de The Canadian Homeschooler, les belles images à découper de The Great Canadian Adventure et à colorier avec Kidzone, l’expérience d’apprentissage est diversifiée et divertissante.

Voici quelques images de nos périodes de travail:

La chasse à l’inukshuk, avec les pierres du jeu de société Ruk-Shuk et des bonhommes Légo

La ligne du temps de Terre-Neuve, avec les Vikings, les Anglais, les Français, les Micmacs et tous les animaux

Les landforms en pâte (île, péninsule, baie, cap, etc.)

Anecdote école maison: Quand papa est arrivé du travail, il croyait que nous avions fait une expérience de glue qui fige lors d’un contact fort. Il a donc donné un gros coup de poing sur la pâte formée de Lili…qui a craqué de partout (la pâte, pas Lili) Ouin les papas, ça comprend pas toujours le pourquoi du comment…

Même dans les jeux, les apprentissages paraissent.

Et Jessie qui «fait de l’école» pendant ce temps dans son cahier Panache usagé.

Je recommande ce programme sans vraiment de retenue. Les revues de géographie offrent un contenu varié qui permet toutes sortes d’exploitation et les documents d’histoire sont accompagnés de multiples images à découper qui illustrent bien les notions théoriques.  Les filles ont bien aimé le calendrier autochtone de la Nouvelle-Écosse.

À suivre avec de nouvelles images plus tard dans l’année.

Tout ça pour une pelote

Nous avons terminé notre club nature sur la démarche scientifique avec la lecture de l’album La plus grosse pelote du monde de Arthur Geisert. Ce livre raconte qu’un village se fait voler sa pelote, pelote pour laquelle les villageois ont une grande fierté, car elle est la plus grosse du monde. Ils décident d’aller la récupérer et de la rapporter au village en bateau à aubes.

Les jeunes sont donc repartis avec la mission toute spéciale de se construire un bateau à aubes à propulsion élastique selon des contraintes bien précises (voir feuille). Au club nature suivant, les bateaux ont fait la course, transportant chacun sa pelote.  Pour gagner la course, ils devaient bien évidemment tester leur bateau, s’assurer qu’il flottait et qu’il pouvait transporter une pelote de 10 cm de diamètre pour la course.

J’ai vu l’activité originale sur classedesciences.com

Comme la propulsion élastique ne permet pas une autonomie de long chemin, la surface de course était d’environ 4 pieds de long. Cette journée-là le vent était très très important. La course contre le vent était ardue. Avec le vent, les bateaux avançaient bien plus rapidement.

Lili et Elliot sont dans une phase viking, vous reconnaîtrez leur bateau facilement. Les bateaux réalisés variaient beaucoup en taille. L’hypothèse des enfants est que les tests à la maison ayant été faits à l’eau chaude, les bateaux ont mieux réussi les tests que la course finale. Dehors, un 22 novembre, l’eau froide ralentissait les bateaux selon eux. Le questionnement scientifique jusqu’à la fin.

Une belle activité, à refaire lorsqu’Elliot et Jessie seront plus vieux.