Ceux qui s’en vont, ceux qui nous laissent

Ceux qui s’en vont, ceux qui nous laissent

Ceux qui s’en vont, ceux qui nous laissent
Les vieux parents, les vrais amis
Ceux qui ont laissé leur jeunesse

Dans un paysage endormi

Ceux qui s’en vont, ceux qui nous laissent
Le coeur serré, les cheveux gris
Ceux qui n’ont pas laissé d’adresse
Comme s’ils voulaient qu’on les oublie

Ceux qui s’en vont, ceux qui nous laissent
Avec le silence et la pluie
Avec la force et la faiblesse
De vouloir être encore en vie

Ceux qui s’en vont, ceux qui nous laissent
En étranger au paradis
Ceux qui emportent leur tendresse
Et leur sourire à l’infini

Ceux qui s’en vont, ceux qui nous laissent
Avec des fleurs au bout des doigts
Ceux qui ne tiennent pas leurs promesses
Qui sont parti, pour qui, pour quoi ?

Ceux qui s’en vont, ceux qui nous laissent
Comme des écoliers dans le froid
Les évadés qui disparaissent
Les survivants de l’au-delà

Ceux qui s’en vont, ceux qui nous laissent
Avec le silence et la pluie
Avec la force et la faiblesse
De vouloir être encore en vie

Ceux qui s’en vont, ceux qui nous laissent
En étranger au paradis
Ceux qui emportent leur tendresse
Et leur sourire à l’infini

Ceux qui s’en vont, ceux qui nous laissent
Ceux qui s’en vont, ceux qui nous laissent

________________________________________________________

Non, personne n’est mort.

De durer si longtemps en école maison, j’en retire une chose très dure: il est difficile de voir partir ceux qui quittent le milieu.

Ceux avec qui on a tissé des liens, des amitiés. Ceux que l’on a côtoyés de plus près. Ceux qui nous ont guidés, montré le chemin. Ceux avec qui on a ri et pleuré. Ceux avec qui on a bâti.

J’ai commencé avec mon grand qui a aujourd’hui 19 ans, il y a 14 ans. Puis j’ai continué. Et maintenant il y a un dernier qui a 2 ans. Bien sûr, 7 enfants c’est exceptionnel, étendu sur plus de 17 ans de vie, c’est long. Les gens avec qui j’ai commencé l’aventure achèvent ou ont terminé leur périple, n’ont plus de tout-petits avec qui continuer.

Puis certains ont changé de voie aussi. Des changements de cap, de direction, de plan de vie, de provincede pays.

Je reste là à contempler le vide qu’ils ont laissé dans ma vie. Je pleure parfois leur absence.

________________________________________________________

L’école maison est exigente. Elle nous engloutit entièrement, de la tête aux pieds. On y perd nos repères, on ne vit carrément plus au même rythme que les autres. On y voit la vie autrement, les priorités changent, le bonheur aussi. On y engage tout notre coeur, on se dévoue pour nos enfants (et même un peu pour ceux des autres 😉 ). On a besoin, du fond de notre maison, du fond de notre rang/rue/avenue, de créer des liens qui nous ressemblent.

Et donc on se rassemble.

Et donc on crée ces liens, qui deviennent vitaux.

Je sais avec qui je peux parler de mon quotidien éreintant de mamans d’enfants différents. Je sais avec qui parler d’activités nouvelles à planifier. Je sais avec qui parler de cas désespérants qui ne devraient pas se retrouver en école maison parce que tout simplement ça ne convient pas à tout le monde. Je sais même avec qui parler d’orthographe et de l’apprentissage si important du français solide. Je sais aussi parler avec tous du matériel utile, conseiller le matériel qui soutient.

Je sais.

Je continue dans cette aventure parce que je suis certainement folle, parce que j’ai des plus jeunes à qui je dois le même plaisir de l’expérience d’école maison que les plus vieux, parce que j’y trouve encore du plaisir malgré l’adolescence insupportable, parce que j’aime ce rythme et parce que je crois au bagage immense que je laisse à mes enfants ainsi et qu’ils n’auraient pas à l’école.

Je continue.

J’y fais de nouvelles rencontres, excellentes et réjouissantes. De nouvelles familles plongent dans l’aventure, et y reconnaître certaines personnes qui sont aussi passionnées que moi est un bonheur à l’état pur. Mais ce bonheur ne réussit pas à amoindrir la douleur de voir partir les autres vers d’autres cieux.

Je reconnais.

Merci d’être passés dans ma vie. Vous y laissez des traces indélébiles.

La vie continue, avec ce lot de ces cicatrices.

La vie continue, et je vais continuer aussi, mais pour l’instant je suis triste de compter ces vides en moi.

 

12 réflexions sur “Ceux qui s’en vont, ceux qui nous laissent

  1. Hang on Katherine! Parce que quand on me dira : « Tiens, tu vois, ça finit toujours comme ça! », je pourrai répondre : « Non! Justement, y’en a qui tiennent jusqu’au bout! » Je t’aime très fort! Merci pour tout!

    Elise XxX

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  2. Je sais exactement de quoi tu parles. La roue tourne et les complices d’hier passent à autres choses. On doit passer à autre chose, tisser d’autres liens, mais les expériences seront différentes . Car nous aussi on change. Uc’est a la,fois un deuil et une invitation à passer à autre chose et ce même s’il reste des enfants à la maison. Avec une grande fille qui vient tout juste d’emménager ailleurs apres tout un parcours d’école maison et d’université et une petite de 9 ans qui a encore besoin d’apprendre à la maison, cela fait bientôt 20 ans que je vois défiler les familles et les mamans avec qui on a grandi, appris, joué. Les enfants ont grandi, ils commencent une vie hors du cercle familial. Et nous-même, on est est encore là, fidèle aux poste.

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      • Vraiment incroyable! Quand on regarde en arrière, tant d’années ont passé une après l’autre. Cette fidélité envers nous-mêmes, notre engagement vers et pour les enfants et notre famille, mais aussi à ces milliers d’heures données et partagées avec tant de familles. Chapeau! Katherine!
        Savoir durer à travers l’adversité, les obstacles, les conflits, un jour à la fois, cela nous a mené loin, très loin même.
        Je te souhaite et je nous souhaites, bonne continuation et beaucoup de belles complicités pour les prochaines années.

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  3. Si je pouvais chanter comme Ginette Reno, je le ferais pour toi avec grand plaisir. Merci de penser à moi et je te rends la pareille. Tu m’as inspiré, tu m’as aidé et tu m’as consolé. Et chapeau à toi de continuer à en faire autant pour les autres. Je t’aime beaucoup ma chère Katherine. L’essentiel dans cette aventure, c’est de le faire pour soi avant de le faire pour nos enfants. Bonne chance et bonne route.

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  4. Quel beau texte, chère Katherine! Dans quelques mois, ce sera moi qui quittera l’aventure d’école maison et j’ai déjà le coeur gros rien qu’à y penser. Tant de moments formidables, de rencontres, de souvenirs… Je t’admire énormément de poursuivre sur cette route éducative, que je trouve souvent difficile, et d’être toujours aussi passionnée. Tu m’inspires tellement!

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