L’importance de l’erreur

Je suis de la vieille école, celle qui souligne en ROUGE sur la feuille de mon enfant son erreur… et ce CHAQUE fois qu’il y a erreur et dans chacune des matières, pas juste en français. Je suis très exigeante, incroyablement maîtresse d’école.  Mais mes enfants ont chaque fois la possibilité de reprendre leur erreur, de comprendre la situation fautive et de la corriger. Nous prenons un temps fou à corriger. Et je le fais avec eux la plupart du temps, surtout avec les plus jeunes. Je modélise énormément.

La modélisation est le fait de dire à haute voix le chemin que je prends dans ma tête pour arriver à «la bonne réponse», les questions que je me pose pour faire mes accords, les démarches exécutées en silence pour terminer une tâche. Je modélise beaucoup.

J’explique aussi d’où viennent les mots, les sens cachés, l’étymologie. Je répète de deux ou trois façons différentes la même notion.

Il m’arrive souvent de dire à mes enfants:«Rappelle-toi lorsque l’on a parlé de telle chose, j’avais dit que … Eh bien maintenant tu vois c’est ce qui arrive…» Je fais des liens continuellement avec des notions antérieures afin de leur permettre de voir le chemin qu’ils auraient dû prendre dans leur tête pour ne pas faire cette erreur.

Ils ont toujours la possibilité de revenir sur leurs erreurs et de les corriger en comprenant bien pourquoi il y avait erreur et en quoi la nouvelle réponse est la bonne.

J’ai souvent passé pour une vraie marâtre dans ce monde où l’estime de soi des enfants est la seule chose à rechercher. De mes années d’études en enseignement à aujourd’hui, je n’ai jamais changé de méthode parce que 1. je croyais vraiment en ma méthode et 2. j’ai vu chez mes enfants de réels bienfaits de cette méthode. Mais je gardais pour moi cette façon de faire, parce que le crayon rouge sur la feuille d’un enfant c’est démoralisant pour lui, c’est rabaissant, c’est signe d’échec. Je gardais cela pour moi parce que mettre des fautes sur des mots qui ne sont pas à l’étude, sur des notions non vues, ou sur du français dans les cahiers de maths, cela ne se fait tout simplement plus aujourd’hui.

Mon grand, qui stagnait dans ces apprentissages officiels pendant plusieurs années à cause de son trouble d’attachement extrêmement sévère, faisant de la 4e année alors qu’il était d’âge 2e secondaire, a passé haut la main les tests standardisés de 2e secondaire à l’époque. Ma fille de 15 ans ne fait pratiquement pas de fautes et corrige les publications facebook ou son père quotidiennement. Mon fils de 13 ans dyspraxique réussit un niveau d’écriture assez élevé pour son «état» (lorsqu’il prend son temps). Les deux suivants écrivent presque sans faute par instinct.

Je suis assez confiante en ma «méthode» pour continuer. L’erreur est normale, la perfection n’est pas de ce monde. L’erreur est aussi nécessaire à la construction des savoirs.

Et je peux maintenant citer un article qui appuie ma démarche: Reaping the reward of failure (version française: L’erreur est le meilleur professeur)

Et qui est la non-parfaite par excellence? Bibi ici présente. Je me trompe, tu te trompes, on se trompe, nous corrigeons, vous verrez, ils réussiront 😉

4 réflexions sur “L’importance de l’erreur

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